Les États-Unis enregistrent leurs premières pertes officielles confirmées dans l’opération EPIC FURY, conduite conjointement avec Israël contre l’Iran, tandis que le guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué l
ors des frappes de samedi. Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones, portant la région au bord d’un embrasement généralisé.
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a confirmé dimanche la mort de trois militaires américains et de cinq autres grièvement blessés dans le cadre de l’Opération EPIC FURY. Plusieurs autres soldats présentant des blessures légères sont en cours de réintégration. Les identités des soldats tombés demeurent confidentielles jusqu’à notification de leurs familles.
Dans son communiqué, le CENTCOM a souligné que les opérations de combat majeures se poursuivent, qualifiant la situation de « fluide ».
Ces pertes interviennent dans un contexte d’escalade sans précédent. Le guide suprême iranien Ali Khamenei, au pouvoir depuis 36 ans, a été tué lors des frappes américano-israéliennes conduites samedi et ayant visé plusieurs villes iraniennes dont Téhéran. Un présentateur de la télévision d’État iranienne a annoncé dimanche à 05 h 00 locales (01 h 30 GMT), en sanglotant, que le guide « est tombé en martyr ». Quarante jours de deuil national et sept jours fériés ont été décrétés.
Les frappes ont provoqué des destructions d’infrastructures significatives et de lourdes pertes humaines. Des sources locales évoquent plusieurs dizaines de morts et de blessés, y compris des civils, certaines estimations non officielles faisant état de plus de 200 victimes. Une attaque contre une école de filles dans le sud de l’Iran aurait causé à elle seule au moins 51 décès. Les bilans restent provisoires et susceptibles d’évoluer.
Sur le plan politique, un conseil de direction intérimaire a été immédiatement constitué, composé du président Massoud Pezechkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï et du dignitaire religieux Alireza Arafi, membre de l’Assemblée des experts et du Conseil des Gardiens de la Révolution. Cet organe dirigera le pays jusqu’à l’élection d’un Guide permanent par l’Assemblée des experts. Les Gardiens de la Révolution ont de leur côté promis « un châtiment sévère » aux « meurtriers » du Guide suprême.
En riposte aux frappes, l’Iran a lancé missiles et drones vers Israël et contre des bases militaires américaines implantées dans des pays arabes, déclenchant sirènes d’alerte et activation de systèmes de défense dans plusieurs régions. Le cycle actions représailles alimente les craintes d’un embrasement régional aux conséquences potentiellement globales.
Ces fermetures d’espaces aériens ont entraîné des perturbations massives du trafic aérien international. La Royal Air Maroc (RAM) a annoncé ce samedi l’annulation de plusieurs de ses vols vers et en provenance du Moyen-Orient, précisant que d’autres liaisons pourraient également être concernées.
Dans un communiqué, la compagnie indique agir « conformément à l’application stricte des normes de sûreté et de sécurité aérienne » et assure suivre la situation en temps réel. Elle invite ses passagers à vérifier le statut de leur vol avant de se rendre à l’aéroport et à actualiser leurs coordonnées via la rubrique « gérer ma réservation » de son site internet afin de recevoir toutes les notifications liées à leur voyage.
Ethiopian Airlines a de son côté suspendu l’ensemble de ses vols vers plusieurs destinations du Moyen-Orient, notamment Tel-Aviv, Amman, Dammam et Beyrouth, invoquant aussi la situation sécuritaire volatile et la fermeture des espaces aériens de la région. Air France, Air Algérie, Lufthansa, Turkish Airways, Qatar Airways, Emirates, Egyptair et Kuwait Airways ont également annoncé l’annulation de leurs vols vers la région.
Face à cette escalade, la communauté internationale a multiplié les appels à la retenue. La Cédéao a appelé au dialogue, soulignant les risques d’instabilité pour l’Afrique. Le Sénégal a condamné l’usage de la force et réclamé un cessez-le-feu immédiat, le Nigeria a insisté sur la protection de ses ressortissants, l’Union africaine a alerté sur les impacts économiques et sécuritaires pour le continent, l’Afrique du Sud a rappelé l’importance du droit international, le Maroc a condamné les frappes iraniennes contre des États du Golfe, tandis que la Russie a dénoncé une « agression armée » et l’Union européenne a appelé au respect du droit humanitaire international.



