Une avalanche de réformes pour transformer l’Argentine : lors de son discours annuel devant le Congrès dimanche 1ᵉʳ mars, le chef de l’État argentin Javier Milei a promis d’approfondir sa politique de dérégulation. À l’aube de la seconde moitié de son mandat, le président ultralibéral veut profiter de sa position de force.
Quatre mois après sa victoire aux élections législatives de mi-mandat en Argentine, c’est un Javier Milei triomphaliste qui s’est présenté devant les députés et les sénateurs le 1ᵉʳ mars au soir. « À présent, conformément à la volonté que les Argentins ont exprimée dans les urnes, nous avons la force pour commencer un nouveau chapitre de l’histoire argentine ! », a déclaré le président argentin, rapporte notre correspondant à Buenos Aires, Théo Conscience.
Même s’il n’a pas la majorité absolue, Javier Milei a réussi vendredi 27 février à faire adopter sa très clivante réforme de flexibilisation du marché du travail. Alors que sa politique d’austérité et de dérégulation a détruit 300 000 emplois en deux ans, le président ultralibéral persiste et signe. « Nous enverrons au Parlement des projets de réformes qui balayeront une montagne de régulations pour laisser libre cours aux investissements dans des industries qui sont aujourd’hui au point mort ».
Consacrant la plus large partie de son discours aux succès macroéconomiques de son gouvernement, notamment contre l’inflation ramenée de 150% à 32% en interannuel, Javier Milei s’est dit résolu à pousser plus avant ses réformes. Les destructions d’emplois ont été le premier revers d’une austérité budgétaire qui a anémié la consommation. La reprise en 2025, estimée à +4,4 %, après une récession de -1,8% en 2024, a été tirée par quelques secteurs comme l’agriculture, les mines, et les services financiers, tandis que l’industrie et le commerce restaient dans le rouge.
Vers une accélération des réformes
Pénale, électorale, fiscale, judiciaire, Javier Milei promet plus de 90 réformes pour l’année 2026, visant à « redessiner » l’Argentine « pour les 50 prochaines années » : « neuf mois ininterrompus de réformes structurelles qui vont redessiner l’architecture institutionnelle de la Nouvelle Argentine ». « Ces réformes radicales de l’État ne sont pas optionnelles. Un nouvel ordre mondial est en train de se mettre en place, et notre manière de nous y insérer déterminera l’avenir de notre pays ».
Ces réformes permettront selon lui de sceller durablement l’alliance stratégique de l’Argentine avec les États-Unis de son grand allié Donald Trump. L’alliance avec les États-Unis « n’est pas simultanément un accord entre le président Trump et le président Milei, a-t-il plaidé. Cela concerne l’affinité culturelle, et les objectifs stratégiques entre les deux pays et dans toute la région. Il est temps d’en faire une politique d’État ».



