Le président Emmanuel Macron a pris la parole mardi soir pour s’adresser aux Français à propos de la guerre en Iran et de ses répercussions au Proche et Moyen-Orient. Il a notamment annoncé avoir ordonné au porte-avions Charles de Gaulle de faire route vers la Méditerranée. La France a par ailleurs abattu des drones “en légitime défense”, “dès les premières heures” du conflit.
Au quatrième jour de la guerre déclenchée par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, Emmanuel Macron s’est adressé aux Français afin d’évoquer ce conflit et ses répercussions au Proche et Moyen-Orient mardi 3 mars, depuis le palais de l’Élysée.
Le chef de l’État a notamment annoncé avoir exigé que le porte-avions Charles de Gaulle fasse route vers la Méditerranée. La France a abattu des drones “en légitime défense”, “dès les premières heures” du conflit, a-t-il dit.
Le chef de l’État, qui a mis en garde lundi contre un risque “d’embrasement à nos frontières” après le lancement samedi de l’offensive israélo-américaine en Iran, a prononcé une allocution retransmise sur les principales chaînes télévisées.
Lors d’un conseil de défense dimanche, il avait informé que la France allait rehausser sa “posture” de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases, et soutenir les pays de la région visés par l’Iran en riposte aux frappes israélo-américaines.
Des “actions défensives”
Le président français, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre britannique Keir Starmer se sont alors dits prêts à des “actions défensives”, afin de “détruire à la source” les capacités militaires de Téhéran.
Des avions Rafale basés aux Émirats arabes unis ont mené des “opérations de sécurisation du ciel” au-dessus de bases françaises au Moyen-Orient, a indiqué mardi le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, sans plus de précisions.
Une attaque de drones iraniens contre une base navale d’Abu Dhabi a touché dimanche un hangar de la base mitoyenne accueillant les forces françaises, sans faire de victime.
La France se prépare aussi à affréter des vols pour rapatrier ses ressortissants “les plus vulnérables” présents dans les pays du Moyen-Orient touchés par la guerre contre l’Iran, a annoncé Jean-Noël Barrot.
Selon le chef de la diplomatie française, quelque 400 000 ressortissants français sont présents dans la douzaine de pays concernés par le conflit.
Sécurité renforcée
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a de son côté ordonné de renforcer la sécurité autour des représentations diplomatiques israéliennes, américaines et iraniennes ainsi qu’autour des lieux de culte juifs.
Des mesures de protection policière des personnalités et des associations opposées au régime iranien présentes en France ont été également décidées lundi. Les services craignent des actions terroristes téléguidées par Téhéran visant des opposants.
Le ministre de l’Économie et le gouverneur de la Banque de France se sont voulus rassurants mardi au sujet des répercussions de cette guerre en matière énergétique et économique. “Il n’y a aucun risque d’approvisionnement à court terme en France, ni sur le gaz, ni sur l’essence”, a assuré Roland Lescure, tout en affirmant suivre “de très près” la situation.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a jugé que l’économie française abordait “ces tensions avec certains éléments favorables, une inflation basse, une croissance relativement résiliente et un secteur financier solide, avec une exposition limitée sur le Moyen-Orient”.



