L’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) a exprimé sa reconnaissance au gouvernement ivoirien pour les efforts fournis en vue d’assurer un prix rémunérateur aux producteurs de cacao. Dans un communiqué publié le dimanche 8 mars, son président, Siaka Diakité, a salué l’engagement des autorités ivoiriennes, notamment du chef de l’État Alassane Ouattara, pour l’effort supplémentaire consenti dans la fixation du prix garanti aux producteurs pour la campagne intermédiaire.
Annoncé le mercredi 4 mars, ce prix garanti a été fixé à 1200 FCFA le kilogramme pour les producteurs de cacao. Une décision qui, selon l’OIA, traduit la volonté du gouvernement de soutenir les acteurs de la filière dans un contexte international particulièrement difficile. En effet, sans l’intervention des autorités et l’activation de mécanismes de soutien, le prix aurait dû se situer autour de 900 FCFA/kg, en raison de l’effondrement du marché mondial du cacao. Une chute spectaculaire des cours internationaux de la fève de cacao
Au cours des cinq derniers mois, les cours internationaux de la fève de cacao ont enregistré une chute spectaculaire, perdant plus de 70 % de leur valeur. Cette baisse est notamment liée à la diminution de la consommation de chocolat sur certains marchés internationaux. Les prix des produits dérivés du cacao ayant fortement augmenté ces dernières années, de nombreux consommateurs ont réduit leur consommation, entraînant ainsi un ralentissement de la demande mondiale.
Cette situation affecte directement les pays producteurs, au premier rang desquels la Côte d’Ivoire, qui demeure le premier producteur mondial de cacao, avec environ 40 % de l’offre mondiale. Dans ce contexte, la décision du gouvernement ivoirien de maintenir un prix relativement élevé pour les producteurs apparaît comme un soutien déterminant pour préserver leurs revenus.
Selon Siaka Diakité, ce prix garanti de 1200 FCFA/kg est rendu possible grâce à une subvention exceptionnelle de 231 milliards de FCFA accordée par l’État aux producteurs
Selon Siaka Diakité, ce prix garanti de 1200 FCFA/kg est rendu possible grâce à une subvention exceptionnelle de 231 milliards de FCFA accordée par l’État aux producteurs. Pour l’OIA, cette mesure traduit la reconnaissance et l’estime que le gouvernement porte aux acteurs de la filière cacao depuis 2012, indépendamment des fluctuations du marché international. « Cet effort financier important démontre la volonté constante des autorités de protéger les producteurs et de garantir une certaine stabilité de leurs revenus », souligne le président de l’OIA dans son communiqué.
Dans la même dynamique, l’organisation salue également la décision du gouvernement de poursuivre le programme de rachat des 100 000 tonnes de stocks résiduels, au prix garanti de 2800 FCFA/kg. Cette mesure vise à soulager les producteurs et les coopératives qui détiennent encore des stocks importants de fèves dans un contexte de marché difficile.
Un soutien financier supplémentaire estimé à 280 milliards de FCFA
La mise en œuvre de cette opération nécessite un soutien financier supplémentaire estimé à 280 milliards de FCFA. Ces ressources proviennent notamment de l’activation du mécanisme de stabilisation mis en place par l’État pour soutenir la filière cacao et protéger les revenus des producteurs face aux fluctuations des cours mondiaux.
Par ailleurs, le président de l’OIA a tenu à exprimer sa reconnaissance au Conseil du Café-Cacao (CCC), l’organe de régulation de la filière. Selon lui, cette institution travaille sans relâche pour préserver les acquis et défendre les intérêts des producteurs ivoiriens.
Il a notamment salué les efforts déployés pour maintenir le différentiel de revenu décent (DRD), une taxe de 400 dollars par tonne, instaurée en 2019 conjointement par la Côte d’Ivoire et le Ghana
Il a notamment salué les efforts déployés pour maintenir le différentiel de revenu décent (DRD), une taxe de 400 dollars par tonne, instaurée en 2019 conjointement par la Côte d’Ivoire et le Ghana. Ce mécanisme vise à améliorer les revenus des producteurs en complétant le prix international et le différentiel d’origine appliqué sur le cacao.
Pour conclure, Siaka Diakité a invité l’ensemble des producteurs ainsi que les responsables de coopératives à demeurer mobilisés afin de préserver la stabilité de la filière cacao. Il a rappelé que cette filière constitue un pilier essentiel de l’économie ivoirienne et une source majeure de revenus pour des millions de familles à travers le pays. Selon l’OIA, la solidarité entre les acteurs de la filière et la poursuite des efforts du gouvernement demeurent indispensables pour garantir la résilience et la durabilité du secteur cacao face aux défis du marché international.




