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Le Burkina Faso modernise ses infrastructures routières vers la Côte d’Ivoire


Le Burkina Faso modernise ses infrastructures routières vers la Côte d’Ivoire avec du nouveau bitume. L’axe Bobo-Dioulasso-Yendéré (frontière Burkina-Côte d’Ivoire) long de 142 kilomètres recevra le bitume de réhabilitation sur sa première tranche soit Bobo-Banfora, long de 84 km. Les travaux ont été lancés ce samedi 14 mars 2026 par le gouvernement de Transition.

C’est un projet attendu depuis longtemps par les populations de l’ouest du pays. Ce samedi, le Premier ministre burkinabè a procédé à Banfora au lancement officiel des travaux de réhabilitation de la route Bobo-Dioulasso-Banfora et de bitumage du tronçon Banfora-Orodara . Une cérémonie qui marque le début effectif d’un chantier majeur pour le désenclavement de la région.

Un investissement de plus de 81 milliards FCFA
Le projet se décompose en deux volets distincts. La réhabilitation du tronçon Bobo-Dioulasso-Toussiana-Banfora, long de 84,7 kilomètres sur la route nationale n°7, est estimée à environ 63 milliards de FCFA hors taxes. Les travaux devront être exécutés sur une période de 24 mois. Parallèlement, la construction et le bitumage du tronçon Banfora-Orodara, long de 42 kilomètres sur la route nationale n°11, sont budgétisés à plus de 18 milliards de FCFA hors taxes . Le délai d’exécution pour cette section est de 18 mois. Au total, ce sont donc plus de 81 milliards de FCFA qui sont investis par l’État burkinabè et ses partenaires pour moderniser ces axes stratégiques . Le financement est assuré par le budget national, avec l’appui de la Banque islamique de développement (BID). Un accord de prêt avec cette institution a d’ailleurs été ratifié en Conseil des ministres.

Un corridor routier vers la Côte d’Ivoire
Ces travaux s’accomplissent dans une logique plus large de développement des corridors régionaux. L’objectif est de mettre en place un axe routier moderne facilitant la mobilité et les échanges avec la Côte d’Ivoire et le Mali , qui mène de son côté des projets similaires pour raccorder sa frontière avec le Burkina Faso. Le projet global, qui comprend la remise à niveau des axes Bobo-Banfora-frontière ivoirienne et Banfora-Orodara-frontière malienne, est budgétisé à près de 152 milliards FCFA. Outre la BID, la Banque africaine de développement (BAD) est également partie prenante. Concrètement, les fonds alloués par la BID serviront à financer plusieurs étapes préparatoires essentielles : l’actualisation des études d’impact environnemental et social, la revue des études d’avant-projet détaillée et du dossier d’appel d’offres, ainsi que le suivi technique, administratif et financier de l’exécution des travaux en un lot unique. Ces travaux préliminaires s’étaleront sur une période de 20 mois. Le chantier proprement dit, lui, durera 18 mois. Un calendrier qui témoigne de l’ampleur du projet et de la volonté des autorités de mener l’opération dans les règles de l’art.

Un levier essentiel pour relier les territoires
Lors de la cérémonie de lancement, le Premier ministre est revenu sur l’importance de ces infrastructures pour le développement du pays. « La réalisation de ces itinéraires traduit l’engagement des autorités burkinabè à investir dans des infrastructures structurantes capables de soutenir durablement le développement du pays et d’améliorer les conditions de vie des populations », a déclaré Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Il a également signalé la dimension stratégique du projet : « Ces infrastructures routières constituant un levier essentiel pour relier les territoires, dynamiser les activités économiques et renforcer la cohésion nationale. » Une manière de rappeler que le désenclavement des régions est une priorité du gouvernement de transition. Présent à la cérémonie, le gouverneur de la région des Cascades, Patrice Yéyé, s’est félicité de la concrétisation de ce projet attendu de longue date par les habitants.

« Ces infrastructures contribueront au désenclavement des localités, à la fluidité du trafic et au renforcement des échanges commerciaux dans la région », a-t-il souligné.
Pour les populations de Banfora, de Bobo-Dioulasso et des localités environnantes, la réhabilitation de ces axes représente un espoir de développement économique et d’amélioration des conditions de vie. Les routes bitumées faciliteront les déplacements, réduiront les temps de trajet et permettront un meilleur écoulement des productions agricoles et artisanales. Ces travaux s’inscrivent dans une politique plus large de modernisation du réseau routier burkinabé. Le pays, confronté à des défis sécuritaires et humanitaires majeurs, mise sur les infrastructures pour maintenir le lien social et économique entre les différentes régions. Les axes Bobo-Dioulasso-Banfora-frontière ivoirienne et celui Bobo-Dioulasso-Banfora-Orodara-frontière du Mali, sont particulièrement stratégiques. Ils constituent l’une des principales voies d’échange avec le Mali et la Côte d’Ivoire, partenaire économique majeur du Burkina Faso. Leur réhabilitation devrait permettre de fluidifier le trafic des marchandises et des personnes, et de renforcer les échanges transfrontaliers.

Des retombées économiques attendues après un financement mobilisé à l’international
Pour les acteurs économiques locaux, cette modernisation est une aubaine. Transporteurs, commerçants, producteurs agricoles, tous bénéficient de l’amélioration de la qualité de la route. Les temps de parcours seront réduits, les coûts de transport diminueront, et la sécurité des usagers sera renforcée. Les régions traversées par ces axes, notamment la région des Cascades et celle des Hauts-Bassins, devraient voir leur attractivité économique renforcée. L’accès aux marchés nationaux et internationaux sera facilité, ouvrant de nouvelles perspectives pour les entreprises locales. Le recours aux partenaires internationaux comme la Banque islamique de développement et la Banque africaine de développement témoigne de l’importance accordée à ce projet. Ces institutions financières apportent non seulement des ressources, mais aussi une expertise technique précieuse pour la conduite des travaux. L’accord de prêt ratifié en Conseil des ministres permettra de mobiliser les fonds nécessaires à la réalisation du projet dans les délais impartis. Le gouvernement burkinabè, malgré un contexte budgétaire contraint, a fait le choix d’investir dans ces infrastructures structurantes, preuve de leur caractère prioritaire.

Dans 24 mois pour le premier tronçon, 18 mois pour le second, ils pourront enfin circuler sur des routes modernes et sécurisées, gages de développement et de désenclavement.
Les autorités ont insisté sur la nécessité de respecter les normes environnementales et sociales tout au long du chantier. Des études d’impact ont été réalisées et seront actualisées pour garantir que les travaux se déroulent dans les meilleures conditions possibles pour les populations et l’environnement . Le suivi technique, administratif et financier sera assuré de manière rigoureuse, pour garantir la bonne exécution des travaux et l’utilisation optimale des fonds alloués. La transparence du processus est présentée comme une priorité par les autorités. Pour les habitants de Banfora, de Bobo-Dioulasso et des villages traversés par ces axes, le lancement des travaux est l’aboutissement d’années d’attente. Dans 24 mois pour le premier tronçon, 18 mois pour le second, ils pourront enfin circuler sur des routes modernes et sécurisées, gages de développement et de désenclavement.

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