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Togo : Le nombre de comptes de monnaie électronique actifs bondit de 76,87 % en un an

En 2024, le Togo a confirmé son ancrage dans la finance numérique. Selon le dernier rapport annuel de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) sur l’évolution des services financiers numériques dans l’UEMOA, le nombre de comptes de monnaie électronique actifs a bondi de 76,87 % entre 2023 et 2024. Une progression spectaculaire qui place le pays parmi les plus dynamiques de l’Union, derrière toutefois le Niger et la Guinée-Bissau.

Un compte de monnaie électronique est un portefeuille numérique, généralement adossé à un numéro de téléphone, qui permet de stocker de l’argent et d’effectuer des paiements ou des transferts. Au Togo, les services comme Mixx (Moov Africa) ou Flooz (Togocom) se sont imposés dans le quotidien des populations, des achats sur les marchés au paiement des factures, en passant par les retraits aux guichets automatiques.

12,55 millions de comptes ouverts fin 2024
Fin 2024, le pays comptait 12,55 millions de comptes de monnaie électronique ouverts, dont 6,07 millions actifs, soit un taux d’activité de 48,35 %. Ce chiffre, en forte hausse, témoigne de l’adoption massive de ces outils par les Togolais, y compris dans les zones rurales où l’accès aux services bancaires traditionnels reste limité. Le réseau de distribution s’est considérablement étoffé pour accompagner cette croissance. On dénombre désormais plus de 81 000 points de service (commerçants, kiosques, agents) et près de 5 800 commerces acceptant les paiements électroniques. Un maillage qui facilite l’utilisation quotidienne de la monnaie électronique et contribue à son ancrage dans les habitudes de consommation. Cette performance togolaise s’inscrit dans un contexte régional porteur. Dans l’ensemble de l’UEMOA, le nombre total de comptes de monnaie électronique a atteint 248 millions en 2024, en hausse de près de 19 % sur un an. Les comptes actifs, eux, s’élèvent à 76,8 millions, progressant de 11,6 % sur la même période. L’activité transactionnelle suit la même tendance haussière. Le volume des transactions a augmenté de 27 % en un an, tandis que leur valeur a bondi de plus de 20 %, pour atteindre 160 415 milliards de FCFA. Des chiffres qui illustrent le rôle croissant de la monnaie électronique dans l’économie régionale. Malgré cette progression, la BCEAO note que l’usage reste encore dominé par les opérations de dépôt et de retrait. Le développement des paiements et des transferts numériques, notamment entre particuliers et vers les commerces, constitue le prochain défi pour ancrer durablement la monnaie électronique dans les usages quotidiens.

Les services marchands non financiers ont rebondi de 13,6 % en décembre 2025, après un recul de 5,9 % en novembre.
Au Togo, cette dynamique s’appuie sur plusieurs initiatives combinant régulation et innovation. La BCEAO a élargi l’accès au marché en agréant de nouveaux acteurs fintech, favorisant ainsi la concurrence et l’émergence de services innovants. Parallèlement, le pays s’inscrit dans le déploiement de la plateforme de paiement instantané interopérable (PI-SPI), une infrastructure régionale qui permet des transactions en temps réel entre banques, opérateurs de mobile money et institutions financières. Même si son adoption reste encore progressive, cet outil devrait à terme fluidifier les échanges et renforcer l’intégration des services financiers numériques. Parallèlement à cette bonne santé de la finance numérique, l’économie togolaise montre d’autres signes positifs. Selon les données de la BCEAO, les services marchands non financiers ont rebondi de 13,6 % en décembre 2025, après un recul de 5,9 % en novembre. Ce secteur, qui regroupe des activités comme le commerce, les transports, l’hôtellerie, les télécommunications ou les services aux entreprises, enregistre une hausse annuelle de 5,1 %, proche de la moyenne observée dans l’UEMOA. Cette trajectoire prolonge une année marquée par des fluctuations. En novembre 2025, la croissance annuelle avait atteint 19,5 %, avant des replis mensuels suivis de rebonds techniques. Plus tôt, en septembre, la hausse annuelle s’établissait à 6,1 %. Ces variations traduisent la sensibilité du secteur à la demande intérieure et aux effets saisonniers.

Une régularité des services financiers
Cette évolution contraste avec celle des activités de services financiers, qui concernent les banques, assurances, microfinance et paiements. Ces derniers affichent une trajectoire plus régulière, avec une activité en progression de 4,7 % en décembre 2025, après 3,3 % en novembre. En glissement annuel, la hausse atteint 15,2 %, en ligne avec la dynamique régionale. Sur l’ensemble de 2025, ce segment reste soutenu par l’expansion des services bancaires et numériques. La progression des comptes de monnaie électronique, mais aussi le développement des crédits et des produits d’assurance accessibles via le mobile, contribuent à cette croissance soutenue. La combinaison de ces tendances, explosion du mobile money, rebond des services non financiers, régularité des services financiers, dessine les contours d’une économie togolaise en pleine mutation. L’inclusion financière progresse, portée par des outils numériques qui touchent désormais une large part de la population. Le développement des paiements de proximité, l’éducation financière des utilisateurs et l’extension du réseau de points de service dans les zones les plus reculées sont autant de chantiers à poursuivre. Si la tendance actuelle se confirme, le Togo pourrait rapidement devenir l’un des leaders régionaux de la finance numérique, avec des retombées positives sur l’ensemble de son économie.

 

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