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Meurtre d’un planteur par un Dozo à Bangolo : Un ministre réagit

Le drame de Bangolo, où un jeune agriculteur a perdu la vie sous les balles d’un chasseur traditionnel, fait réagir au plus haut niveau. Après plusieurs jours de silence, le ministre délégué Serey Doh a pris la parole ce matin pour livrer des détails précis sur l’enquête et tenter de calmer une population exaspérée par les exactions des chasseurs traditionnels.

C’est via une publication sur ses réseaux sociaux ce 17 mars 2026 que Célestin Serey Doh, ministre délégué, chargé des Affaires maritimes, par ailleurs figure politique majeure de l’ouest ivoirien, a choisi de s’exprimer. Son objectif : apaiser les populations du Guémon après le drame qui a profondément marqué les esprits.

La victime, Yao Koffi Jules, plus connu sous le nom de « Béhi », rentrait à son campement quand son chemin a croisé celui d’un groupe de Dozos. D’après des sources locales, ces chasseurs auraient exigé un droit de passage de 500 francs CFA. Faute de liquidités immédiates, le jeune planteur aurait alors suggéré de s’acquitter de cette somme lors de son trajet retour. Pour la première fois, l’identité de l’assaillant et le déroulement de la procédure judiciaire ont été rendus publics.

Un suspect sous les verrous
Selon les précisions fournies par le membre du gouvernement, le drame s’est noué le 2 mars dernier sur la piste reliant Allangbakro à Pinhou. Le suspect, identifié comme étant D. Aboubacar Kader, un Dozo ivoirien de 40 ans, a été interpellé pour avoir fait usage d’un fusil de calibre 12 contre Koffi Yao Jules.

Le ministre a confirmé que l’auteur présumé des faits a été présenté au procureur de la République près le tribunal de Man le jeudi 5 mars. À l’issue de cette audition, l’homme a été placé sous mandat de dépôt. Une annonce qui vise à montrer que nul n’est au-dessus des lois, même ceux qui s’autoproclament garants de la sécurité locale.

 

Au-delà du fait divers tragique, le ministre Serey Doh a abordé le fond du problème : la présence étouffante des confréries de chasseurs sur les routes de la région. Rappelant son engagement lors du Forum du Grand Ouest, il a martelé que sa zone d’origine ne devait plus être un « souffre-douleur ».

L’autorité a assuré qu’actuellement, aucun Dozo n’opère plus sur l’axe où le meurtre a été commis. Plus important encore, il a annoncé que des démarches administratives et sécuritaires sont en cours pour régler « définitivement » la question de ces points de contrôle informels dans l’ensemble de la province du Guémon.

Un appel au calme avant les obsèques
Pour rappel, les réactions politiques ne s’étaient pas fait attendre, notamment celle de Billaud Zéréhoué Daniel, responsable local du PPA-CI (le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo), qui a fermement condamné ce qu’il qualifie de « crime crapuleux » dans un communiqué, dénonçant une « banalisation de la vie humaine ».

Le membre du gouvernement lui privilégie pour l’instant une approche de fermeté judiciaire mêlée à un appel à la cohésion. Serey Doh a exhorté ses « parents » à ne pas céder à la colère ni aux clivages politiques, préférant une posture d’« ambassadeurs de paix ».

Le corps du défunt, Yao Koffi Jules, sera inhumé le 20 mars prochain sur sa terre ancestrale. Le ministre a d’ores et déjà annoncé qu’il se tiendrait aux côtés de la famille pour ce dernier hommage, une présence symbolique forte pour tenter de refermer une plaie encore béante à l’Ouest.

 

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