Des organisations de la société civile du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont rejeté vendredi dans une déclaration commune la résolution du Parlement européen exigeant la libération de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum, qualifiant ce texte d’« ingérence politique inacceptable » dans les affaires des États de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Signée par six structures réparties dans les trois pays, la déclaration émanant des « organisations et acteurs de la veille citoyenne de l’espace AES » exprime un « rejet catégorique » de la résolution européenne, estimant qu’elle traduit « une posture de paternalisme politique » à l’égard des peuples africains.
Les signataires imputent notamment cette résolution à l’influence de la France au sein des institutions européennes. Selon eux, Paris, ayant « définitivement perdu » ses positions politiques, militaires et économiques dans le Sahel, chercherait à « instrumentaliser » l’Union européenne pour exercer une pression sur les États membres de l’AES.
« Ce qui dérange réellement, c’est l’émergence d’un espace sahélien souverain », affirment les auteurs du texte, selon lesquels la situation personnelle de Mohamed Bazoum ne serait qu’un prétexte. Les organisations estiment que le sort de l’ancien chef d’État nigérien ne constitue pas la préoccupation réelle des cercles politiques occidentaux, qui s’opposeraient en réalité au projet d’émancipation porté par la confédération AES.
Sur le plan organisationnel, la déclaration fait état de la tenue, à Ouagadougou du 26 au 28 février 2026, d’un forum confédéral ayant abouti à des discussions en vue de créer une « plateforme confédérale de veille citoyenne », destinée à coordonner les réponses aux « manipulations et ingérences extérieures » ciblant l’espace AES.
En réaction à la résolution européenne, les organisations appellent à de « grandes manifestations populaires » le samedi 28 mars 2026 dans les villes et villages des trois pays, avec pour objectifs de dénoncer le texte du PE, de réaffirmer la souveraineté des États membres et d’exprimer un « soutien populaire massif » à la confédération et à ses dirigeants.
Parmi les signataires figurent, pour le Burkina Faso, la Coordination nationale des associations de veille citoyenne (CNAVC) et le RISA ; pour le Mali, la Veille citoyenne et patriotique (VCIPA Mali) ; et pour le Niger, le Mouvement M62, le Front patriotique nigérien et la COSNAS.



