Au Maroc, le transport en milieu rural reste marqué par la précarité, la désorganisation et des inégalités territoriales persistantes. Dans un avis présenté mercredi à Rabat, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) appelle à une refonte en profondeur du modèle actuel, plaidant pour un système de transport rural intégré, durable et inclusif.
Le président du CESE marocain Dr Abdelkader Amara a insisté, mercredi 25 mars à Rabat, sur la nécessité d’élaborer un plan intégré et durable pour le transport rural, afin d’en faire un levier stratégique du développement territorial.
Intervenant lors d’un atelier consacré à la présentation des principales conclusions et recommandations de l’avis du Conseil intitulé « Vers un transport rural inclusif, durable et résilient au service des populations et territoires », Amara a souligné le rôle central du transport rural dans le repositionnement du douar comme unité territoriale de référence, permettant de rapprocher les populations rurales des services de proximité.
Il a mis en avant la nécessité de moderniser et de renforcer le réseau routier rural, en procédant au classement progressif des routes non classées et en connectant les axes ruraux aux réseaux provinciaux et régionaux. Il a également insisté sur la pérennité des investissements réalisés dans les programmes de désenclavement, en accordant une attention particulière aux zones isolées et aux douars éloignés, afin de garantir une connectivité optimale et un accès équitable aux services pour toutes les populations rurales.
Dans ce cadre, le responsable a plaidé pour l’intégration dans le Code de la route de dispositions spécifiques encadrant la circulation sur les routes non classées et la conduite des véhicules en milieu rural. Il a également proposé de réviser le cahier des charges du transport mixte pour y intégrer des exigences de qualité et de sécurité, tout en mettant en place un mécanisme de subventions adapté pour soutenir son déploiement en milieu rural.
Amara a par ailleurs appelé à promouvoir une offre de véhicules utilitaires conçus et industrialisés au niveau national, adaptés aux spécificités du transport mixte et aux contraintes géographiques des territoires ruraux. Il a insisté sur la nécessité de moderniser et de pérenniser les infrastructures, de garantir la sécurité des populations et de leurs biens, d’assurer un financement durable des infrastructures et des services de transport, et de déployer un système de transport connecté et performant, alliant infrastructures physiques de qualité et outils numériques.
Pour le responsable, des transports sûrs et durables constituent un levier essentiel pour le développement des zones rurales, l’accès de leurs habitants aux services et aux opportunités, ainsi que pour l’effectivité des droits fondamentaux, notamment en matière d’éducation, de santé, d’emploi et de logement.
Élaboré dans le cadre d’une auto-saisine, cet avis traduit l’intérêt constant du Conseil pour les enjeux du monde rural, considéré comme une composante essentielle de la régionalisation avancée et de la mise en œuvre de la gouvernance territoriale, compte tenu de son poids spatial et démographique, couvrant plus de 90 % du territoire national et abritant plus de 13,7 millions d’habitants, soit 37,2 % de la population totale.



