La guerre au Moyen-Orient a fait exploser les coûts de l’assurance pour les navires de la région, notamment ceux devant transiter par le détroit d’Ormuz, bras de mer stratégique pour le transport de marchandises, bloqué par l’Iran.Après le début des combats, le 28 février, certains assureurs ont envoyé des avis dits de résiliation pour les primes « risque de guerre » des bateaux, afin de « réévaluer » puis « de rétablir cette couverture à des conditions ajustées », a indiqué l’Union internationale de l’assurance maritime dans un communiqué.
Malgré leur nom, ces « avis de résiliation » ne mettent pas nécessairement fin à la couverture. L’assurance de guerre reste disponible pour les armateurs et opérateurs qui souhaitent y souscrire.
À Londres, premier marché mondial de l’assurance maritime, des responsables ont assuré que les capitaines évitaient la route pour protéger leurs équipages, et non parce qu’ils ne pouvaient pas s’assurer. « Ce sont les préoccupations de sécurité, et non la disponibilité de l’assurance, qui réduisent le trafic maritime », a titré lundi la Lloyd’s Market Association (LMA), organisation professionnelle du secteur londonien.
Le prix de l’assurance de guerre s’envole
Le prix de ces polices pour franchir le détroit a toutefois fortement augmenté, selon des acteurs du marché. Avant le conflit actuel au Moyen-Orient, une prime de risque de guerre coûtait généralement moins de 1 % de la valeur du navire. Sachant qu’un méthanier qui transporte du gaz liquéfié coûte environ 200 millions de dollars, cela représentait alors environ 2 millions de dollars pour un tel bateau.
Aujourd’hui, cette assurance de guerre peut représenter des dizaines de millions de dollars pour un seul passage dans le détroit d’Ormuz. Sans compter que les tarifs de l’assurance cargo, celle qui couvre la marchandise solide, connaissent la même tendance.
Les navires de commerce ont d’abord besoin d’une assurance « corps de navire », qui couvre la perte ou les dommages subis par le navire, puis d’une assurance de protection et d’indemnisation (P&I), qui assure la responsabilité civile vis-à-vis des tiers. Les marchandises doivent elles être couvertes par une assurance cargo.



