Après les révélations d’André Onana sur la maigre prime de 5 millions de FCFA touchée par un joueur du championnat local lors de la CAN ivoirienne, l’attaquant Leonel Ateba s’apprête à sortir du silence.
Ce 20 avril 2026, Leonel Ateba s’apprête à monter au créneau. L’attaquant des Lions Indomptables, aujourd’hui en Iraq sous les couleurs d’Al-Shorta, doit répondre publiquement aux accusations qui le mettent au cœur de la polémique des primes de la CAN 2024. Pour comprendre l’orage qui s’abat sur lui, il faut revenir deux ans en arrière.
Janvier-février 2024 : la CAN ivoirienne et la sélection d’Ateba
Lorsque la CAN 2024 démarre en Côte d’Ivoire, Leonel Ateba a 25 ans et évolue à Dynamo Douala. Il est l’un des seuls joueurs du championnat local Elite One à figurer dans la liste des Lions Indomptables, avec Wilfried Nathan Doualla. Une exception rare dans une sélection peuplée de stars de Premier League, de Bundesliga ou de Ligue 1. Le tournoi se solde par une élimination camerounaise prématurée, et Ateba quitte rapidement le club doualais pour l’USM Alger en janvier 2024, dans un transfert chiffré à 215 000 euros.
18 avril 2026 : Onana brise le silence
Tout bascule dans la nuit du 18 au 19 avril, lorsqu’André Onana décide de parler. Le gardien international camerounais, prêté par Manchester United à Trabzonspor, lance un live sur les réseaux sociaux qui va vite dépasser le cadre du divertissement. Il déballe.
« On a fait quatre ans sans prime du top sponsor. Je le dis à qui veut l’entendre. Quel joueur peut dire ça ? » lâche-t-il. Et surtout : « Lors de la CAN en Côte d’Ivoire, il y a un joueur du championnat camerounais qui a eu 5 millions. » Cinq millions de FCFA, soit environ 7 600 euros. Pour une compétition continentale entière.
Les chiffres qui font scandale
Pour mesurer l’écart, il suffit de regarder ce qu’a versé l’État camerounais lors de la CAN 2025 : 18 180 000 FCFA par joueur, soit près de 30 000 euros, simplement pour la qualification en quarts de finale. Soit plus de trois fois et demi ce qu’aurait reçu le joueur basé localement pour avoir disputé l’intégralité de la CAN précédente.
L’écart pose question. Pas sur les ressources disponibles, qui existent bien, mais sur la manière dont elles ont été réparties à l’époque. Onana met le doigt sur une pratique de répartition à deux vitesses entre joueurs « expatriés » et joueurs locaux.
La cible implicite : Ateba ou Doualla ?
Onana ne nomme pas le joueur. Mais comme il précise que les seuls joueurs du championnat local sélectionnés pour la CAN ivoirienne étaient Doualla et Ateba, le calcul est vite fait. Doualla traîne par ailleurs un autre dossier compliqué, celui de la controverse sur sa véritable identité, révélée par la presse internationale en mars 2024. Reste donc Leonel Ateba, qui n’a jamais protesté publiquement à l’époque et se retrouve aujourd’hui pointé du doigt par défaut.
20 avril : Ateba contre-attaque
L’attaquant ne compte pas se laisser faire. Selon plusieurs médias camerounais, Leonel Ateba s’apprête à livrer ce lundi une « mise au point musclée » pour clarifier sa position. Soit il confirme avoir touché cette prime ridicule et expose le mécanisme administratif qui l’a permise, soit il dément les chiffres avancés par Onana, soit il replace toute l’affaire dans son contexte de joueur sans pouvoir sur les décisions financières de la fédération.
Une journaliste camerounaise est déjà allée plus loin, accusant publiquement Onana d’avoir tenu des propos mensongers. La défense d’Ateba sera scrutée à la loupe.
Au-delà du cas Ateba : la guerre Onana-Eto’o
Derrière la polémique des primes se joue un règlement de comptes plus large. Onana l’a lui-même reconnu : « Je n’ai pas de problème avec le Cameroun, mais avec un individu qui utilise la FECAFOOT pour régler ses comptes. » L’individu en question, tout le monde l’a compris, c’est le président de la fédération, Samuel Eto’o. Le gardien a aussi démenti, dans la même séquence, avoir versé de l’argent pour intégrer l’académie Fundesport d’Eto’o.
Leonel Ateba se retrouve donc pris entre deux feux : la stature d’Onana, qui l’évoque sans le nommer, et la fédération, qu’il ne peut pas frontalement attaquer s’il veut continuer à porter le maillot vert-rouge-jaune. Ce qu’il dira ce 20 avril pourrait peser bien au-delà de sa propre carrière.



