Le milliardaire nigérian Aliko Dangote, considéré comme l’homme le plus riche d’Afrique, a annoncé un projet de construction d’une raffinerie en Afrique de l’Est d’une capacité de 650 000 barils par jour.
La nouvelle raffinerie envisagée par Aliko Dangote en Afrique de l’Est traduit sa volonté d’étendre ses activités de raffinage au-delà du Nigéria, dans un contexte où le continent cherche à réduire sa dépendance aux importations de carburants.
Intervenant jeudi à Nairobi lors de la table ronde présidentielle du sommet « Africa We Build », organisé par Africa Finance Corporation, Dangote a affirmé que son groupe était prêt à reproduire le modèle et l’ampleur de sa raffinerie de Lagos, à condition d’obtenir le soutien des gouvernements de la région.
D’après des sources locales, il a également sollicité l’appui des pays d’Afrique de l’Est pour mener à bien ce projet, qui pourrait transformer le paysage de l’approvisionnement en carburant dans la région.
Cette annonce intervient alors que le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie intensifient leurs discussions autour d’un projet de hub régional de raffinage à Tanga, en Tanzanie. Cette future installation traiterait du pétrole brut provenant de plusieurs pays, dont la RDC et le Soudan du Sud. Fort de son expérience au Nigéria, Dangote s’est dit confiant quant à la faisabilité du projet.
Il a assuré que, si les États concernés s’engagent, son groupe construirait une raffinerie identique à celle du Nigéria. Bien que les discussions en soient encore à un stade préliminaire, il estime que le projet est solide et réalisable.
Par ailleurs, Dangote a révélé que des travaux d’extension sont déjà en cours au Nigéria pour porter la capacité de raffinage à 1,4 million de barils par jour. Une telle infrastructure deviendrait, selon lui, la plus grande raffinerie au monde, représentant environ 10 % de la capacité de raffinage des États-Unis, tout en soutenant une importante production pétrochimique.
L’industriel a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de renforcer son autonomie industrielle, soulignant les risques liés à la dépendance aux importations. Il a notamment évoqué la volatilité récente des prix du polypropylène, dont le coût a fortement augmenté en quelques semaines, mettant en danger de nombreuses industries locales.
Selon lui, le développement de capacités locales est essentiel pour protéger les économies africaines et soutenir la croissance industrielle. La future raffinerie offrirait également des opportunités d’investissement importantes.
Dangote a d’ailleurs annoncé son intention d’ouvrir le capital de ses activités de raffinage aux investisseurs africains, avec des rendements en dollars, afin de favoriser une participation continentale à ce type d’infrastructures stratégiques.
Concernant le calendrier, il estime que la raffinerie d’Afrique de l’Est pourrait être opérationnelle dans un délai de quatre à cinq ans, une fois les accords conclus avec les États partenaires.
De son côté, le président kényan William Ruto a confirmé l’existence de discussions en cours avec Dangote et d’autres partenaires pour la construction d’une raffinerie commune à Tanga. Ce projet s’inscrit dans une stratégie visant à améliorer la sécurité énergétique de la région et à réduire la dépendance aux importations de produits pétroliers.
Il a également précisé qu’un oléoduc reliant Mombasa à Tanga est envisagé pour assurer un approvisionnement régulier en pétrole brut.



