Les métiers de l’accueil ne veulent plus être perçus comme de simples ornements lors des cérémonies. Ce samedi 25 avril 2026, le Patronat de l’Accueil en Côte d’Ivoire (PACI) a officiellement lancé ses activités, avec pour ambition de structurer un secteur encore largement dominé par l’informel et de mieux encadrer ses pratiques.
Longtemps cantonné à un rôle jugé accessoire lors des événements, ce domaine entend désormais faire reconnaître sa contribution. Pour sa présidente, Kankou Samaké, l’accueil dépasse largement l’apparence. « Nous avons notre mot à dire. […] Ces jeunes femmes sont les premières à rassurer et orienter les participants. Elles représentent la vitrine de notre pays », a-t-elle déclaré face à la presse.
Assainir et encadrer le secteur
Cette volonté de reconnaissance s’inscrit dans un environnement économique porteur. En Côte d’Ivoire, le tourisme génère plus de 1 100 milliards de FCFA, soit environ 6,5 % du PIB, porté notamment par l’hôtellerie et l’événementiel, deux segments étroitement liés aux services d’accueil.
Malgré ce potentiel, les agences d’hôtesses évoluent dans un marché fragmenté, marqué par une concurrence jugée déloyale. Pour les dirigeants du PACI, le milieu doit être assaini.
« Il y a trop d’infiltrés dans le secteur. Aujourd’hui, on peut se lever un matin, prendre un bout de tissu et dire qu’on est une agence d’hôtesses. Ce n’est pas normal », déplore Kankou Samaké.
L’organisation dénonce des dérives, allant de la sous-rémunération à des pratiques douteuses dissimulées sous l’appellation de « placement ».
La riposte passe par un encadrement plus strict, assure-t-elle. Désormais, l’accès aux structures membres sera conditionné à un niveau d’étude minimum et à une formation certifiante. « Ce n’est pas parce qu’on a échoué qu’on devient hôtesse », insiste la présidente, plaidant pour une professionnalisation accrue.
Un enjeu économique et social
Au-delà de la régulation, le PACI entend agir sur les conditions de travail. Avec plus de 3 000 emplois mobilisés par une vingtaine d’agences, l’organisation ambitionne de peser dans les négociations avec les entreprises.
« On dit souvent que les hôtesses sont mal payées, mais nous redistribuons ce que nous percevons », explique Kankou Samaké.
En structurant l’offre, le patronat espère améliorer son pouvoir de négociation et obtenir des contrats plus avantageux, au bénéfice de ces travailleuses, majoritairement étudiantes ou vacataires.
Au-delà du diagnostic, le PACI veut imposer un cadre durable. « Notre ambition est de faire de l’accueil ivoirien un standard de qualité », affirme Guy Michel Kacou, chargé des partenariats. L’organisation entend également interpeller les pouvoirs publics afin d’obtenir une meilleure reconnaissance institutionnelle.
Un positionnement partagé par la vice-présidente, Doukrou Leticia, qui insiste sur la dimension sociale du métier. « C’est un métier comme tout autre, qui peut offrir de réelles opportunités. Il faut le prendre au sérieux », dit-elle.
Abidjan : le Forum des agences de l’accueil veut professionnaliser le secteur
Porté par la dynamique du tourisme et de l’événementiel, le secteur de l’accueil amorce ainsi une transformation. Pour Sanou Edwige Komenan, chargée de l’adhésion, « les perspectives sont prometteuses, mais exigent une évolution stratégique ». Structuration, montée en gamme et visibilité internationale constituent, selon elle, les principaux axes de développement.
Avec la création du PACI, les professionnels affichent une ambition claire : faire de l’accueil un véritable levier économique, à la hauteur de son rôle dans l’image et l’attractivité de la Côte d’Ivoire.



