L’épouse et deux petits-enfants du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, ont péri samedi dans un attentat à la voiture piégée visant le domicile du responsable à Kati, à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Bamako, ont indiqué des proches cités par l’AFP. Cette attaque s’inscrit dans une série d’assauts coordonnés attribués à des groupes affiliés à Al-Qaïda et à des rebelles touaregs, qui ont frappé plusieurs villes du pays.
Selon la famille de Sadio Camara, des terroristes ont lancé un attentat à la voiture piégée contre la résidence du ministre, située dans la ville garnison de Kati, tôt dans la matinée de samedi. L’explosion, d’une grande violence, a détruit une partie du bâtiment et provoqué la mort de son épouse ainsi que de deux de ses petits-enfants, dont le nombre exact et l’âge n’avaient pas encore été officiellement précisés dimanche soir.
Des vidéos et témoignages recueillis par l’AFP font état de scènes de panique dans les rues de Kati, où des hommes armés présumés jihadistes ont été aperçus circulant peu après l’attaque. La localité abrite le camp Soundiata Keïta, principale base militaire du pays et centre névralgique du pouvoir depuis le coup d’État de 2020. C’est également la ville natale de Sadio Camara, figure clé de la junte au pouvoir, devenu l’un des piliers de l’appareil sécuritaire malien.
Les attaques de samedi s’inscrivent dans une série d’opérations coordonnées menées, selon plusieurs sources sécuritaires et diplomatiques, par des éléments du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, en lien avec des combattants du Front de libération de l’Azawad. Outre Kati, d’autres localités stratégiques ont été visées, notamment dans le centre et le nord du pays, dans un contexte de recrudescence des violences malgré la réorganisation du dispositif militaire malien.
Les forces armées maliennes ont affirmé avoir riposté et engagé des opérations de ratissage autour de Kati et sur les principaux axes menant à Bamako. Les autorités de transition n’avaient pas, dans l’immédiat, fourni de bilan global officiel de cette nouvelle série d’attaques, ni détaillé les mesures de sécurité supplémentaires autour de la capitale.
Figure centrale du dispositif militaire depuis 2020, Sadio Camara, né à Kati en 1979, est un officier formé au Prytanée militaire de Kati puis à l’École militaire interarmes de Koulikoro, avant d’être propulsé sur le devant de la scène lors du renversement du président Ibrahim Boubacar Keïta. Marié et père de plusieurs enfants, il incarnait la ligne dure de la junte, en charge de la conduite de la guerre contre les groupes armés et de la réorientation stratégique du Mali vers de nouveaux partenaires, au détriment de la présence militaire occidentale.
Sur le plan politique comme humain, l’attentat qui a coûté la vie à son épouse et à deux de ses petits-enfants marque un nouveau saut dans la brutalité du conflit, en ciblant directement la sphère familiale d’un haut responsable de l’État. Il illustre le niveau de vulnérabilité persistant des centres névralgiques du pouvoir et la capacité des groupes armés à frapper au cœur même du dispositif sécuritaire malien, malgré des années de militarisation accrue.



