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AG annuelle de I’ID4AFRICA 2026 : Abidjan, capitale de l’identité numérique

La capitale économique ivoirienne a accueilli l’un des plus grands rendez-vous africains consacrés à l’identité numérique. Du 12 au 15 mai 2026, le Parc des Expositions d’Abidjan-Port-Bouët a servi de cadre à l’Assemblée générale annuelle de ID4Africa, réunissant des représentants de 54 pays africains ainsi que plusieurs acteurs internationaux spécialisés dans les systèmes d’identification numérique.

La cérémonie officielle d’ouverture s’est tenue le mardi 12 mai 2026, en présence du Vice-président de la République de Côte d’Ivoire, Tiémoko Meyliet Koné, du président-directeur général d’ID4Africa, Joseph J. Atick, ainsi que de nombreuses autorités ivoiriennes et experts mondiaux du secteur de l’identité numérique. En Côte d’Ivoire, l’organisation et la coordination des activités liées à cette rencontre ont été pilotées par le directeur général de Office National de l’État Civil et de l’Identification, Ago Christian Kodja.

L’importance stratégique de cette rencontre annuelle
Dès l’ouverture des travaux, Joseph J. Atick a souligné l’importance stratégique de cette rencontre annuelle pour l’avenir du continent africain. Selon lui, l’Assemblée générale annuelle constitue un moment décisif permettant d’évaluer les avancées réalisées, d’analyser les nouveaux défis et de renforcer les pratiques grâce au partage d’expériences entre les États et les partenaires techniques.

« Chaque année, l’AGA marque un moment déterminant de notre parcours collectif. Un temps pour évaluer nos progrès avec lucidité, faire face aux nouvelles réalités et élever nos pratiques grâce au partage d’expériences », a déclaré le PDG d’ID4Africa. Il a ajouté que cette plateforme représente désormais un espace où « l’ambition rencontre la mise en œuvre », permettant aux pays africains de porter eux-mêmes leur vision du numérique et de l’identité.

Pour Joseph J. Atick, l’édition 2026 apparaît comme la plus ambitieuse depuis la création de cette organisation panafricaine. Il a expliqué que le programme de cette année est plus vaste, mais surtout plus réfléchi et plus mature, traduisant ainsi la montée en puissance du mouvement africain de l’identité numérique. Selon lui, l’Afrique ne se contente plus de suivre les débats mondiaux sur le sujet ; elle participe désormais activement à leur orientation.

Le responsable d’ID4Africa a également indiqué que l’organisation est entrée dans une nouvelle phase de son évolution. Après les premières années consacrées à la sensibilisation et à l’alignement des politiques publiques, puis celles dédiées au déploiement des systèmes d’identification, l’heure est désormais à la durabilité, à la gouvernance, à l’interopérabilité et à la légitimité des dispositifs numériques mis en place sur le continent.

L’intervention du ministre Vagondo Diomandé
Prenant la parole, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Diomandé Vagondo, a mis en lumière les importantes réformes engagées par la Côte d’Ivoire dans le domaine de l’identification des populations.

Le ministre a rappelé que l’ambition des autorités ivoiriennes est de permettre à chaque enfant né sur le territoire national d’exister juridiquement dès sa naissance, condition essentielle pour accéder aux droits fondamentaux tels que l’éducation, la santé ou encore la protection sociale.

Une meilleure identification permet notamment de renforcer la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale
S’agissant de l’identification des citoyens, Diomandé Vagondo a indiqué que la Côte d’Ivoire a franchi une étape majeure avec la mise en place d’un système moderne de production de titres sécurisés, conforme aux standards internationaux. Selon lui, ces progrès produisent déjà des effets directs sur le plan sécuritaire.

« Une meilleure identification permet notamment de renforcer la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale. Elle permet aussi de sécuriser les frontières, de fiabiliser les enquêtes administratives, d’améliorer la gestion des flux migratoires et de mieux protéger les citoyens et les résidents », a affirmé le ministre.

Identité numérique, un puissant levier d’inclusion sociale et de modernisation administrative
Toutefois, le membre du gouvernement ivoirien a insisté sur le fait que l’identité numérique ne doit pas être perçue uniquement sous l’angle sécuritaire. Pour les autorités ivoiriennes, elle constitue également un puissant levier d’inclusion sociale et de modernisation administrative.

Il a ainsi annoncé que la Côte d’Ivoire travaille progressivement à la mise en place d’un écosystème d’identité numérique interopérable, respectueux de la protection des données personnelles et des libertés individuelles. Cet écosystème devra notamment permettre l’authentification sécurisée en ligne, l’accès simplifié aux services publics numériques, la signature électronique ainsi que la dématérialisation des procédures administratives.

Il s’agit de faire en sorte qu’elle simplifie la vie des citoyens, qu’elle facilite l’accès universel aux services sociaux de base et qu’elle soutienne le développement économique
Le Vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, a quant à lui insisté sur la portée stratégique de l’identité numérique dans les politiques de développement des États africains. Selon lui, l’identité ne se limite plus à une simple question administrative ; elle doit désormais contribuer à améliorer concrètement la vie des populations. « Il s’agit de faire en sorte qu’elle simplifie la vie des citoyens, qu’elle facilite l’accès universel aux services sociaux de base et qu’elle soutienne le développement économique », a-t-il déclaré.

Le Vice-président a également souligné que la réussite d’un tel projet nécessite une gouvernance rigoureuse fondée sur des principes clairs et crédibles afin d’instaurer la confiance des populations. Pour lui, les citoyens doivent avoir la garantie que leurs données personnelles sont protégées et que leurs droits fondamentaux sont respectés.

Renforcer la coopération entre les États africains
Par ailleurs, Tiémoko Meyliet Koné a plaidé pour un renforcement de la coopération entre les États africains afin de faciliter la mobilité des personnes, sécuriser les échanges et accélérer l’intégration régionale grâce au numérique. Il a estimé que les systèmes d’identité développés par les différents pays doivent être capables d’interagir efficacement dans un environnement de plus en plus connecté.

Le Vice-président ivoirien a également encouragé les pays africains à développer leurs propres solutions technologiques adaptées aux réalités du continent. Selon lui, l’Afrique dispose désormais des compétences et des capacités nécessaires pour concevoir des systèmes innovants et contribuer activement à l’élaboration des standards internationaux dans le domaine de l’identité numérique.

Il a enfin salué le rôle d’ID4Africa comme plateforme d’échanges et de réflexion stratégique pour le continent. Pour la Côte d’Ivoire, a-t-il conclu, les réformes engagées sous l’impulsion du président Alassane Ouattara témoignent de la volonté des autorités de moderniser l’écosystème d’identification et d’accompagner la transformation numérique du pays.

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