Le président Abdel Fattah Al-Sissi a placé le Sinaï au cœur de la doctrine stratégique égyptienne lors d’un discours prononcé à l’occasion du 44e anniversaire de la libération de la péninsule.
L’intervention du président égyptien, à portée politique et sécuritaire, réaffirmant le développement de la péninsule comme facteur de stabilité nationale et régionale, s’inscrit dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes et des défis économiques, selon des propos officiels rapportés par les autorités égyptiennes.
Le chef de l’État a insisté sur le caractère intangible de l’intégrité territoriale, affirmant que «l’Égypte ne renoncera pas à un pouce de son territoire». Il a présenté le Sinaï comme une «profondeur essentielle» et une «porte d’entrée imprenable», tout en rendant hommage aux forces armées et à l’ancien président Anouar Al-Sadate pour leur rôle dans la restitution du territoire. Cette dimension historique est mobilisée pour renforcer le lien entre souveraineté nationale et stabilité sécuritaire.
L’accent a été mis sur le développement économique de la péninsule, considéré comme un prolongement direct de la sécurité nationale. Selon l’analyste Ekram Badreddine, les projets d’infrastructure, d’irrigation et d’urbanisation engagés dans le Sinaï visent à stabiliser durablement la région et à l’intégrer pleinement dans l’économie égyptienne. Cette approche associe développement territorial et prévention des menaces sécuritaires.
Ce positionnement est renforcé par une lecture sécuritaire affirmée. L’expert militaire Hatem Saber a décrit le Sinaï comme une «ligne rouge», estimant que sa préservation constitue une question de survie pour l’État égyptien.
Le président a également évoqué une décennie marquée par des crises successives, incluant la lutte contre le terrorisme, la pandémie de Covid-19 et les répercussions économiques de la guerre en Ukraine, afin de souligner la résilience de l’État.
Sur le plan économique, le discours a mentionné la baisse des revenus du canal de Suez liée aux perturbations en mer Rouge, ainsi que la hausse des prix internationaux de l’énergie et des denrées alimentaires.
Les autorités ont également évoqué la pression liée à l’accueil de populations étrangères, dans un contexte régional instable. Ces éléments sont présentés comme des facteurs pesant sur l’économie nationale.
Au niveau diplomatique, l’Égypte a réaffirmé ses positions en faveur des causes arabes, notamment le rejet de tout déplacement forcé des Palestiniens et la défense de la souveraineté des États. L’intervention présidentielle s’inscrit ainsi dans une approche globale articulant sécurité, développement et action extérieure, avec le Sinaï comme point d’ancrage stratégique.



