05032026Headline:

Cameroun: la dette publique devrait reculer pour s’établir à 40,2 % du PIB d’ici 2027

Après les soubresauts provoqués par la crise sanitaire, les comptes publics camerounais retrouvent une respiration plus apaisée. Portée par une activité économique soutenue et un ajustement budgétaire mené sans brusquerie, la charge de la dette amorce un recul jugé durable par les spécialistes de la notation financière. L’agence Fitch Ratings prévoit que le ratio d’endettement du Cameroun poursuivra sa décrue dans l’intervalle des prochains exercices. Après être passé de 44,2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2024 à 41,2 % en 2025, celui-ci devrait s’établir à 40,2 % à l’horizon 2027.

En se maintenant sous la barre des 41 %, le pays consolide sa crédibilité devant les bailleurs de fonds internationaux, tout en préservant une marge de manœuvre confortable au regard du plafond de 70 % fixé par les critères de convergence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), espace qui intègre également le Gabon, le Tchad, le Congo, la République centrafricaine et la Guinée Équatoriale.

Une pente descendante après le pic post-pandémique
Selon l’analyse de Fitch, « la trajectoire de la dette publique est soutenue par une forte croissance nominale du PIB et des déficits fiscaux réduits. Le niveau de la dette tombera en dessous du chiffre d’avant la pandémie de 43,6 % du PIB et en dessous de la médiane « B » de 51 % que nous anticipons pour 2026-2027 ». L’agence précise que ses indicateurs intègrent les arriérés de plus de trois mois (1,6 % du PIB), la dette garantie par l’État (0,1 %) ainsi que la dette de la Société nationale des hydrocarbures (Sonara), qui représente 1,9 % du PIB. En clair, la réduction progressive du déficit budgétaire permet au Cameroun de contenir ses besoins de financement, limitant ainsi le recours systématique à de nouvelles levées massives sur les marchés. Sous cet angle, la perspective de désendettement du pays serait toute particulière. Avec un ratio projeté à moins de 41 %, Yaoundé affiche un niveau d’endettement nettement inférieur à la médiane (51 %) observée chez les économies de la catégorie « B ». Cette évolution traduit un retour à des indicateurs plus favorables que ceux de la période antérieure à la pandémie, où le taux d’endettement culminait à 43,6 %. Une telle configuration suggère une résilience économique confirmée et une discipline fiscale retrouvée après le choc mondial du Covid-19.

L’agence de notation anticipe un resserrement du déficit fiscal à 1,6 % du PIB en 2026, puis à 1,8 % en 2027
Fitch Ratings estime par ailleurs que le déficit budgétaire camerounais, calculé sur la base des flux de trésorerie, a connu un modeste creusement en 2025, pour s’établir à 2,2 % du PIB. Ce recul relatif s’explique principalement par une mobilisation des recettes non pétrolières plus faible que prévu, un manque à gagner partiellement compensé par une exécution inférieure des dépenses d’investissement. Néanmoins, les perspectives se colorent de teintes plus clémentes. L’agence de notation anticipe un resserrement du déficit fiscal à 1,6 % du PIB en 2026, puis à 1,8 % en 2027, porté par un rebond des recettes non pétrolières et par une stabilisation des dépenses publiques. Cette prévision confirme la volonté des autorités de maintenir le cap sur l’assainissement graduel des finances publiques, sans à-coups brutaux.

Des regards croisés avec le FMI et marges sous le plafond Cemac
Les projections de Fitch Ratings se rapprochent de celles du Fonds monétaire international (FMI), qui attend un ratio de 39,3 % du PIB en 2026, puis 38,6 % en 2027, après 40,4 % en 2025. À fin septembre 2025, l’encours global de la dette publique a augmenté de 2,6 % sur un an, pour atteindre 14 591 milliards de francs CFA, tandis que le ratio dette/PIB s’est légèrement contracté à 43,9 % (soit -0,1 point). Cette dynamique conforte l’idée que le Cameroun dispose encore d’une capacité à naviguer sans heurts sous le seuil communautaire de 70 %, tout en répondant aux attentes des créanciers. La prudence reste toutefois de mise, car la soutenabilité de la trajectoire dépendra étroitement de la tenue des recettes non pétrolières et de la maîtrise des dépenses dans un environnement régional toujours soumis à des pressions sécuritaires et climatiques. Les voyants de la notation clignotent au vert, et Yaoundé peut inscrire ce repli de la dette comme un acquis sérieux dans son carnet de route post-Covid.

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