L’affaire du trafic international de voitures de luxe volées, qui secoue depuis plusieurs semaines les milieux sécuritaires et judiciaires ivoiriens, connaît un nouveau rebondissement. Selon des sources sécuritaires concordantes, une jeune femme d’origine nigérienne, présentée comme proche de M.Y., alias « Amada », principal suspect dans ce vaste réseau, a été interpellée à la fin du mois d’avril 2026 par la police togolaise.
D’après les premières informations recueillies, la suspecte aurait été arrêtée en possession de deux véhicules de luxe signalés volés au Canada. Ces automobiles auraient transité par la Côte d’Ivoire avant d’être discrètement déplacées vers le Togo après l’arrestation d’Amada. Les enquêteurs soupçonnent un redéploiement stratégique du réseau afin d’échapper à la surveillance des autorités ivoiriennes après l’incarcération du présumé chef de file.
La jeune dame faisait l’objet d’un suivi
Toujours selon des sources proches du dossier, cette jeune femme faisait déjà l’objet d’un suivi par les services de police internationale. Son parcours récent intrigue également les enquêteurs. Elle aurait séjourné en Tunisie au mois de février 2026 avant de regagner la Côte d’Ivoire, un déplacement que les autorités considèrent comme un élément potentiellement déterminant dans la cartographie du réseau.
Au fil des investigations, les services de sécurité affirment avoir réuni une série d’indices permettant de remonter progressivement les ramifications de ce trafic tentaculaire. Malgré l’incarcération de M.Y., alias « Amada », depuis le 4 mars 2026, les activités du réseau ne se seraient pas arrêtées. Des complices présumés auraient poursuivi les opérations de convoyage et de revente de véhicules volés entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest.
Selon des sources proches de l’enquête, cet homme se ferait passer pour un membre de la famille Houphouët-Boigny et utiliserait le surnom de « Boigny » pour gagner en crédibilité
Parmi eux figure un individu activement recherché, présenté comme l’un des lieutenants du réseau. Selon des sources proches de l’enquête, cet homme se ferait passer pour un membre de la famille Houphouët-Boigny et utiliserait le surnom de « Boigny » pour gagner en crédibilité et faciliter certaines transactions. Grâce à cette identité supposée, il aurait poursuivi les activités illicites en toute discrétion.
Les enquêteurs le soupçonnent notamment de détenir une Jaguar bleue à intérieur blanc, volée en Italie et non encore immatriculée. Il serait également lié à une BMW M2 actuellement localisée, selon des sources sécuritaires, entre les mains d’un maire d’une localité du centre-ouest de la Côte d’Ivoire, voisine de Toumodi. Sentant l’étau se resserrer, le suspect aurait pris la fuite et reste activement recherché.
Le dossier qualifié de tentaculaire
Le dossier, désormais qualifié de tentaculaire par plusieurs observateurs, mobilise plusieurs juridictions. Des procédures sont en cours devant les 1er, 3e et 5e cabinets du tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau. D’autres volets de l’affaire sont également suivis par le pôle pénal économique et financier, en raison de soupçons de fraude douanière, de blanchiment et de circuits de financement opaques.
Le 26 avril 2026, une liste partielle des véhicules identifiés dans ce trafic a circulé dans les milieux judiciaires. Outre une Range Rover Vogue bleu nuit, les enquêteurs ont recensé une BMW M2, une BMW M6, une Porsche Cayenne S ainsi que sept autres véhicules de luxe dont les origines frauduleuses seraient en cours de vérification.
M.Y., dit « Amada », est soupçonné d’avoir orchestré pendant plusieurs années un réseau de trafic de voitures volées entre l’Europe, le Bénin, le Nigeria, le Togo et la Côte d’Ivoire
Selon les éléments de l’enquête, M.Y., dit « Amada », est soupçonné d’avoir orchestré pendant plusieurs années un réseau de trafic de voitures volées entre l’Europe, le Bénin, le Nigeria, le Togo et la Côte d’Ivoire. Les véhicules auraient transité par Lagos, Cotonou ou Lomé avant d’être introduits sur le territoire ivoirien, notamment par la frontière de Noé, en contournant les contrôles douaniers.
Les enquêteurs s’intéressent également au rôle présumé d’un établissement de microfinance qui aurait, selon plusieurs sources, facilité certaines opérations financières du principal suspect. Cette piste fait actuellement l’objet d’investigations approfondies.
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Face à ces accusations, Maître Moïse Gourihi Titiro, avocat de M.Y., a fermement rejeté les faits imputés à son client. Dans une note transmise le 13 avril 2026, il dénonce des allégations infondées et conteste toute implication de son client dans un réseau criminel international. Pour la défense, ces accusations constituent une grave atteinte à l’honneur et à la réputation de M.Y., dit « Amada ».



