05052026Headline:

Nigeria: le secteur de l’électricité a enregistré en 2025 une envolée de ses recettes, portée par des réformes tarifaires agressives

Les sociétés de distribution d’électricité (Discos) au Nigeria ont enregistré une nette progression de leurs revenus en 2025, alors même que l’ensemble du secteur continue de souffrir de performances opérationnelles limitées, révélant des défis structurels persistants sur le plus grand marché électrique d’Afrique.

D’après les données de la Commission nigériane de régulation de l’électricité (NERC), les recettes totales des Discos ont atteint 2.310 milliards de nairas en 2025, contre 1.700 milliards en 2024 et 1.000 milliards en 2023. Cela représente une hausse annuelle de plus de 600 milliards de nairas.

Cette augmentation s’explique notamment par une amélioration des recouvrements, favorisée en partie par les ajustements tarifaires introduits via le système de « Bande A », qui offre une alimentation plus régulière aux clients les plus solvables. Toutefois, les analystes relèvent un contraste marqué entre cette croissance financière et les inefficacités persistantes dans la production et la distribution d’électricité.

En 2025, les Discos ont facturé un total de 3.030 milliards de nairas, mais n’en ont récupéré que 2.310 milliards, soit un taux de recouvrement de 77,38 %. Ce déficit se traduit par un manque à gagner de 684,41 milliards de nairas, illustrant les tensions de trésorerie qui continuent de peser sur le secteur électrique nigérian (NESI).

Les données trimestrielles montrent néanmoins une amélioration progressive des encaissements, passés de 559,3 milliards de nairas au premier trimestre à 621,2 milliards au quatrième, grâce à un renforcement des mécanismes de contrôle et à l’évolution des structures tarifaires.

Malgré ces résultats financiers en hausse, la production d’électricité reste globalement stagnante. La capacité moyenne disponible a légèrement reculé, atteignant 5.400,38 MW au quatrième trimestre 2025 contre 5.430,34 MW au trimestre précédent.

Plus de la moitié des centrales connectées au réseau ont vu leur capacité diminuer. Des installations majeures comme Ibom Power, Geregu, Omotosho, Ihovbor et Afam ont été confrontées à diverses contraintes opérationnelles, tandis que certaines, comme la centrale d’Alaoji, sont restées à l’arrêt. Les barrages hydroélectriques, notamment Kainji, Jebba et Zungeru, ont toutefois apporté un soutien grâce à des conditions hydrologiques favorables, compensant en partie le recul des centrales thermiques.

Le facteur moyen de disponibilité des centrales s’est établi à 39,64 % au quatrième trimestre, indiquant qu’une grande partie des capacités installées demeure inutilisable, en raison de problèmes techniques et de maintenance.

La production horaire moyenne a progressé de 6,55 % sur un trimestre pour atteindre 4.452,71 MWh/h, portant la production totale à 9.831,58 GWh. Cette hausse est principalement attribuable à une augmentation de 25,85 % de la production hydroélectrique.

Le décalage entre l’augmentation des recettes et la faiblesse des performances opérationnelles suscite une attention accrue sur le fonctionnement du marché électrique nigérian, notamment en ce qui concerne la tarification et la qualité du service.

Pour les consommateurs, les dépenses en électricité ont plus que doublé en deux ans, tandis que les plaintes liées à la fiabilité de l’approvisionnement, à la facturation estimative et aux insuffisances des infrastructures demeurent fréquentes.

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