Face à la recrudescence des accidents de la circulation à Tanda, des habitants ont décidé de passer à l’action en aménageant eux-mêmes des dispositifs artisanaux pour ralentir les usagers de la route. Pneus usagés et dos-d’âne de fortune ont ainsi fait leur apparition sur plusieurs axes de la commune, en l’absence d’infrastructures modernes de sécurité routière.
Au carrefour connu sous le nom de « Tanda Sakô », des riverains ont placé des pneus au milieu de la chaussée afin de contraindre automobilistes et motocyclistes à réduire leur vitesse. Des installations similaires sont visibles sur la voie menant à l’EPP Tanda 2A ainsi qu’aux abords de la mosquée du grand marché.
Pour les populations, ces initiatives traduisent surtout un profond ras-le-bol face au manque de feux tricolores, de panneaux de signalisation et de ralentisseurs normalisés sur plusieurs routes récemment bitumées.
« Il n’y a ni feu tricolore ni panneaux de signalisation à plusieurs endroits de la ville », déplore Fieny K. S., commerçant au grand marché de Tanda, invitant les autorités compétentes à agir rapidement pour renforcer la sécurité routière.
Même son de cloche chez Adingra K. Ignace, opérateur économique au quartier Koulango, qui explique que ces pneus ont été installés pour limiter les comportements dangereux de certains conducteurs. « Certains jeunes roulent à très grande vitesse dans notre quartier. Nous avons été obligés de réagir », confie-t-il.
Les habitants disent vivre dans une inquiétude permanente en raison de la multiplication des accidents. Victime d’un grave accident survenu le 10 mai 2026 sur l’axe principal de « Tanda Sakô », Kra Kobénan Gabriel raconte avoir été violemment percuté par une moto-taxi.
« Je traversais la route lorsqu’une moto roulant à vive allure m’a renversé. Je me suis réveillé à l’hôpital avec une double fracture au pied droit », témoigne-t-il, dénonçant également le fait que certains conducteurs de motos-taxis circulent sans permis.
Selon plusieurs riverains, les nouvelles voies bitumées favorisent des excès de vitesse répétés, notamment chez certains motocyclistes et jeunes automobilistes qui transforment parfois certains tronçons en véritables pistes de course.
Déjà préoccupé par la situation, le maire de Tanda, Dr Koné Amadou, avait lancé un appel à la prudence lors du conseil municipal du 4 avril 2026, exhortant particulièrement les jeunes conducteurs à adopter un comportement responsable sur les routes.
D’après des données du ministère des Transports consultées par l’AIP, la localité de Tanda a enregistré huit décès liés aux accidents de la circulation au premier trimestre 2026, dont cinq hommes, deux femmes et un enfant. L’excès de vitesse reste la principale cause des accidents recensés.
Face à cette situation alarmante, les populations réclament désormais l’installation urgente de feux tricolores, de panneaux de signalisation, de ralentisseurs réglementaires ainsi qu’un renforcement des contrôles routiers pour freiner l’hécatombe sur les routes de la ville.


