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Côte d’Ivoire: le transport routier passe au numérique pour chasser ses vieux démons

En Côte d’Ivoire, le secteur des transports routiers entame sa révolution numérique. Le Fonds de Développement du Transport Routier (FDTR) a officiellement lancé, ce jeudi 4 juin 2026 à Abidjan-Plateau, sa nouvelle plateforme digitale dédiée au renouvellement du parc automobile national.

Le transport routier occupe une place stratégique dans l’économie ivoirienne. Le secteur « représente près de 7 % du PIB et assure plus de 90 % des déplacements sur le territoire national », a rappelé le Directeur de Cabinet Coné Dioman, représentant le ministre Amadou Koné. Le pays compte aujourd’hui un réseau de 82 560 km de routes pour un trafic intense supporté par « un parc de plus de 1 200 000 véhicules, avec une moyenne d’immatriculation qui oscille entre 56 000 et 60 000 véhicules par an ».

Pourtant, ce secteur vital souffre d’un mal chronique, à savoir la vétusté de ses outils de travail. Ces automobiles vieillissantes provoquent de nombreux accidents, freinent la fluidité du trafic et génèrent d’importantes émissions de gaz à effet de serre. Face à ce tableau sombre et à un coût global de renouvellement estimé à plus de 700 milliards de francs CFA, l’État ivoirien passe à la vitesse supérieure. « Aujourd’hui marque une étape décisive dans ce processus, ainsi que dans la facilitation de l’accès au financement pour les entreprises de transport routier », s’est réjoui le ministre Amadou Koné, dans son discours lu par son représentant.

Un œil sur le véhicule, de bout en bout
L’objectif de cette innovation est clair, il s’agit restaurer une confiance durable entre ceux qui financent et ceux qui roulent. Comme l’a martelé Abdoulaye Touré, Directeur Général du FDTR, « aucune transformation durable ne peut s’opérer sans confiance. Cette confiance doit s’établir entre les transporteurs, les établissements de financement, les assureurs et les concessionnaires ».

Concrètement, l’application et le site web interconnectent tout l’écosystème. Pour les professionnels, les démarches de crédit automobile deviennent entièrement dématérialisées. Mais la véritable révolution se trouve à bord des véhicules financés par les banques.

Ces automobiles intègrent en effet des technologies de pointe. Un système GPS assure la localisation en temps réel tandis qu’une caméra embarquée avec reconnaissance faciale empêche le moteur de démarrer si le chauffeur n’est pas identifié par son profil biométrique. L’intelligence artificielle se charge d’ailleurs de vérifier son identité toutes les trois minutes durant le trajet.

De plus, des capteurs sensoriels comptent les passagers pour sécuriser la recette journalière, et un système d’immobilisation à distance peut être activé en cas de défaut de paiement. Enfin, un QR code unique sera apposé sur les taxis afin que la police puisse connaître instantanément l’état de l’assurance et l’identité du conducteur, protégeant ainsi les usagers contre les risques de braquage ou de kidnapping.

Modernisation et écologie
Pour Ibrahim Diaby, président du Haut Conseil des Entreprises de Transport Routier de Côte d’Ivoire, cet accompagnement institutionnel permet d’envisager l’avenir avec espoir, d’autant que le prix d’un autocar atteint aujourd’hui 100 millions de francs CFA.

L’accès au crédit était devenu impossible sans les garanties que le FDTR va désormais sécuriser. De fait, des établissements comme la BGFIBank (1 milliard de CFA injecté) et Afriland First Bank (2 milliards de CFA) ont déjà débloqué des fonds pour intégrer de nouveaux taxis et minicars « gbakas ».

Les ambitions pour la période 2026-2030 sont titanesques : injecter 6 000 taxis, 6 000 véhicules de bagages, 4 200 autocars, 800 camions, et former 30 000 acteurs du secteur. Le projet amorce aussi un virage écologique avec l’introduction progressive de véhicules électriques et la création d’une unité d’assemblage locale. En Côte d’Ivoire, le transport de demain est désormais connecté, transparent et sécurisé.

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