Après l’opération déguerpissement de Koumassi Campement, un flou règne sur les causes de l’opération.
La cité Houphouët-Boigny, communément appelée « Koumassi Grand Campement », a été en grande partie rasée lors d’une opération de déguerpissement.
La souffre des déguerpis
Depuis plusieurs jours, les populations déguerpies, dont certaines se retrouvent sans abri, vivent dans des conditions particulièrement difficiles.
C’est le cas de Dao Djénéba, qui affirme avoir tout perdu lors de l’opération.
« Ils sont arrivés sans nous prévenir. Je n’ai même pas pu sauver mes affaires. Je ne sais plus où aller. Ce matin, je suis venue à l’école primaire située à côté pour voir si je pouvais trouver un endroit où dormir avec mes enfants », a-t-elle déclaré en larmes.
Certains sinistrés, pourtant détenteurs de titres de propriété, peinent à comprendre les raisons de la destruction de leurs biens.
« Nous avons nos Arrêtés de Concession Définitive (ACD), mais nos maisons ont été détruites. À quoi sert alors ce document ? Nous demandons au Président de la République de nous venir en aide », a plaidé Alassane Sawadogo.
Trois jours après ces déguerpissements, Nanan Marcellin Koffi, chef suprême de la cité Grand Campement, s’est exprimé sur la situation lors d’un point de presse.
Un flou autour des causes de l’opération
Il a dénoncé le fait de ne pas avoir été informé au préalable de cette opération.
« Le maire étant notre premier interlocuteur, je l’ai appelé. Il m’a dit qu’il n’était pas au courant. Jusqu’à présent, nous ne connaissons pas l’origine exacte du problème. Avant les autorités municipales, il y avait les autorités coutumières que nous sommes. Pourtant, je n’ai, ni de près ni de loin, été informé de cette situation », a-t-il regretté.
Évoquant les informations dont il dispose, le chef coutumier a rapporté une conversation qu’il a eue avec le secrétaire général de la mairie.
« Le secrétaire général de la mairie m’a fait savoir qu’un certain Brou Jacques, qui a obtenu gain de cause dans un litige foncier, a ordonné le déguerpissement. Toutefois, lors des démolitions, les équipes sont allées au-delà du périmètre concerné en détruisant des maisons qui ne se trouvent pas sur la parcelle appartenant à Brou Jacques », a-t-il expliqué.
Le chef coutumier a également déploré les conditions dans lesquelles l’opération s’est déroulée ainsi que la situation précaire dans laquelle se retrouvent aujourd’hui les populations affectées, qui, selon lui, n’avaient reçu aucune information préalable.
À l’issue de sa déclaration, il s’est rendu dans une école primaire où quelques familles déguerpies sont temporairement hébergées.
Il leur a exprimé son soutien et les a rassurées quant à la recherche de solutions appropriées dans les meilleurs délais.
À ce jour, un flou total demeure autour de cette opération de déguerpissement. Les populations sinistrées, toujours dans l’attente d’explications et de mesures d’accompagnement, ne savent plus à quel saint se vouer.



