Le camp d’Ahoua Don Mello dénonce plus de 250 arrestations lors de la marche du 11 octobre à Abidjan et appelle les Ivoiriens à une résistance pacifique par les urnes.
L’équipe de campagne du candidat à la présidentielle ivoirienne Ahoua Don Mello a décrété lundi les « arrestations massives » opérées lors de la marche de l’opposition du 11 octobre à Abidjan, appelant les forces de l’ordre à « plus d’humanité » et les électeurs à une « résistance pacifique par les urnes » lors du scrutin du 25 octobre prochain.
La manifestation du 11 octobre, interdite par le préfet d’Abidjan, devait réunir les militants du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) pour réclamer entre autres un dialogue politique. Malgré la mesure préfectorale, des groupes de manifestants ont tenté de se rassembler dans plusieurs quartiers de la capitale économique, notamment à Cocody, Yopougon et Treichville.
Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues pour disperser les attroupements. Les deux partis, qui font état de “nombreux blessés” samedi 11 octobre, “réaffirment leur ferme volonté de ne point se laisser ni intimider ni distraire par la répression sauvage du régime”.
Dans un communiqué signé par son directeur de la communication, Fernand Ahilé dit Léo, le mouvement La Côte d’Ivoire Souveraine a condamné « le refus du régime RHDP de permettre l’expression démocratique et pacifique des citoyens ». Selon le texte, « plus de 257 personnes ont été arrêtées en une journée pour avoir simplement exprimé leur droit à la différence ».
« Derrière chaque arrestation, ce sont des familles entières qui souffrent, des enfants qui pleurent, des foyers brisés », poursuit le communiqué, qualifiant la posture du pouvoir d’« inquiétant totalitarisme ».
Le parti d’Ahoua Don Mello, ancien ministre et candidat déclaré à la présidentielle, estime que l’interdiction répétée des marches citoyennes « prive les Ivoiriens de moyens légitimes d’expression démocratique ». « Une marche pacifique encadrée par les forces de sécurité ne saurait troubler l’ordre public », argumente le texte.
Tout en apportant son « soutien à toutes les victimes et à leurs familles », le communiqué lance un « appel solennel » aux forces de l’ordre : « Vous êtes les garants des droits de tous les citoyens. Traitez les interpellés avec humanité et dignité. Ce sont vos frères, vos sœurs, vos compatriotes. »
Le mouvement invite enfin les Ivoiriens à transformer leur colère en vote, à l’occasion du scrutin présidentiel du 25 octobre. « Notre devoir de citoyen, c’est de voter pour rétablir la vraie démocratie dans ce pays », affirme le communiqué, exhortant les électeurs à « se lever massivement » et à « sanctionner les dérives du pouvoir RHDP et d’Alassane Ouattara ».
« Que chaque voix devienne un acte de résistance pacifique contre le Parti-État. Que notre mobilisation soit notre force », conclut le texte diffusé lundi à Abidjan.



