Rumeurs d’assassinat contre Anne Désirée Ouloto, tensions persistantes à Bôdô avec Pierre Dimba, et le grand rappel à l’ordre de Laurent Gbagbo. Voici les Unes des journaux ivoiriens du mardi 26 mai 2026.
Commençons cette revue de presse par une affaire aux allures de scandale qui enflamme les réseaux sociaux depuis plusieurs jours. L’Essor Ivoirien lève le voile sur l’affaire « “Assassinat” chez une ministre ». Le confrère dénonce « un montage grotesque contre Anne Ouloto-Lamizana ».
C’est la réponse du journal face aux messages anonymes qui accusent l’entourage de la ministre d’empoisonnements ciblés à Toulépleu. Une affaire numérique qualifiée de pure invention par le titre, mais qui suffit à échauffer les esprits.
Des habitations pillées
Pendant ce temps, la presse revient largement sur l’affaire Bôdô, ce dossier brûlant lié aux incidents survenus il y a deux semaines dans l’Agnéby-Tiassa. Notre Voie, qui fait le point sur ces « violences du 9 mai 2026 », rapporte que « les populations accusent les forces de l’ordre d’avoir pillé leurs habitations ».
Pour rappel, la médiation menée par le ministre de la Santé, Pierre Dimba, autour du projet de la plateforme industrielle du PK 108, avait dégénéré, poussant les forces de sécurité à le mettre à l’abri. Quinze jours plus tard, le ressentiment reste fort sur le terrain. Le Quotidien d’Abidjan écrit en effet que « la population indexe le camp de la chefferie ».
Ouattara, Gbagbo…
Ces secousses locales n’empêchent pas le pouvoir exécutif de dérouler son agenda international. Après la France et le Kenya, « le Président Ouattara a regagné Abidjan samedi », ainsi que le soulignent L’Expression, Le Matin et Le Jour Plus. Ce dernier en profite pour tresser des lauriers au chef de l’État en écrivant que « le Président Alassane Ouattara est un modèle que beaucoup de pays envient ». Pourtant, en coulisses, les interrogations constitutionnelles demeurent. Le Sursaut jette un pavé dans la mare en se demandant s’« y a-t-il un vide constitutionnel à ce jour ? » autour de la vice-présidence de la République.
Du côté de l’opposition, on préfère parler de restructuration interne et de retour aux valeurs du terrain. Au PPA-CI, Laurent Gbagbo décide de reprendre la main sur ses troupes avant d’annoncer sa nouvelle équipe. La Voie Originale explique que « Gbagbo instaure une méritocratie de proximité ». L’ancien président prévient ses cadres que « “un poste doit se mériter sur le terrain” » et enfonce le clou, « “être dans la direction ne fait pas forcément un bon militant” ». Face aux divisions internes, L’inter parle carrément du « mea culpa de Gbagbo » face à ses secrétaires fédéraux. Le Quotidien d’Abidjan retient plutôt que le patron du parti « redonne le pouvoir à la base », tandis que Le Temps précise que cette consultation populaire intervient juste avant la mise en place du secrétariat général. Un rappel à l’ordre net et sans bavure pour calmer les ambitions personnelles.
Des milliards par dizaines de milliers
Au chapitre économique, le gouvernement ivoirien sort l’artillerie lourde et affiche des ambitions gigantesques pour les années à venir. La Côte d’Ivoire voit grand, très grand.
Fraternité Matin, le quotidien de service public, barre sa Une avec le Plan National de Développement 2026-2030, affichant un montant astronomique de « 114.838,5 milliards de FCfa ». Pour L’Expression, cette manne financière servira à financer des projets d’envergure comme le « TGV, des ponts, des universités », précisant comment le pouvoir « dessine le futur de la Côte d’Ivoire ».
En parallèle, le secteur énergétique s’apprête à booster durablement les caisses de l’État. Le fameux gisement pétrolier et gazier Baleine entre dans sa troisième phase d’exploitation. Le Sursaut évoque « le plus grand pari énergétique de Côte d’Ivoire » grâce à un consortium réunissant Eni, PETROCI et Vitol. Pour sceller cet accord, Le Matin et Notre Voie confirment que plus de « 2000 milliards de Fcfa », soit environ 4 milliards de dollars, ont été décaissés. De quoi permettre au pays, selon Le Bélier Intrépide, de consolider définitivement « son statut de puissance énergétique africaine ».
En ce qui concerne les réalités plus sombres de la société ivoirienne, le bilan humain s’alourdit après le terrible effondrement d’un bâtiment dans la commune de Koumassi. Le Nouveau Réveil révèle une information révoltante, « l’immeuble tombé n’avait pas de permis de construire », et le décompte atteint désormais « huit morts ». Face à ce drame de l’anarchie immobilière, les langues se délient dans L’inter, où des experts demandent de toute urgence « une opération de contrôle des bâtiments à risque ».



