Il n’a sans doute pas supporté l’humiliation dans laquelle le sort l’a mis au soir de sa vie. Comme dirait Pierre Corneille «Œuvre de tant d’années en un jour effacé». Le Chef de la communauté burkinabé du quartier de Gobelet, Drissa Guiro n’a pas survécu au déguerpissement de son quartier.
Quelques jours seulement après la démolition des habitations des sous-quartiers de Gobelet dans la commune de Cocody, le patriarche de 90 ans a rendu l’âme, mardi dernier. Lui qui avait passé plus de la moitié de sa vie sur ce site et qui avait assisté impuissant à la destruction de ses biens.
Ce à quoi, il était tant attaché. Une tristesse supplémentaire qui vient s’ajouter à la désolation collective des déguerpis. Ils étaient nombreux, parents, amis et connaissances qui ont effectué, le mercredi 4 mars entre 13 heures et 14 heures, le déplacement à l’enterrement de ce vieillard qui a marqué de sa sagesse les ex-riverains des quartiers rayés. C’était au cimetière d’Abobo-Baoulé.
Mais dans la communauté on reproche beaucoup de choses au Consulat général d’Abidjan. Bien que le Consulat ait dépêché une délégation présentée ses condoléances à la famille du défunt. On reproche au Consul Général d’Abidjan, M. Daouda Diallo de n’avoir pas effectué en personne le déplacement sur le site pour toucher du doigt la galère de ses administrés. Se contentant de confier à ses relais que sont les délégués consulaires la tâche de recenser ceux qui désirent rentrer au pays.
« Si pour des milliers de Burkinabè en situation difficile dans la même ville qui lui à Abidjan lui –même ne peut pas se déplacer pour qui le ferait-il alors ? », nous a lancé Tiendrébéogo Boukary, visiblement en colère.
Un cri du cœur qui vaut son pesant d’or dans la mesure où quand il s’agissait de faire la promotion de la carte consulaire biométrique, Gobelet fait partie des quartiers qui avaient le plus de Burkinabè enrôlés.
Ce n’était pas des contestataires mais des «soumis» comme les autorités diplomatiques les aiment bien. Comment alors comprendre que les plus hautes autorités ne daignent pas se déplacer pour leurs exprimer leur solidarité. A moins qu’ils n’en valent pas la peine !
Jean François Fall,
Informateur.info



