Rebondissement dans l’Affaire Le Procureur c. Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (Cpi).
Paolina Massida, représentante légale des victimes, s’insurge contre des tractations en cours pour une liberté provisoire de l’ex-président Laurent Gbagbo. Elle a fait ces observations le mercredi 11 février, dans une requête déposée à la Chambre préliminaire I. «Le représentant légal commun souhaite déjà souligner que les victimes sont au courant des discussions en cours sur une éventuelle libération de M. Gbagbo pour des raisons de santé », a-t-elle révélé dans son texte, précisant que «les victimes ont exprimé leurs préoccupations sur le fait que M. Gbagbo pourrait bénéficier de soins médicaux alors que la majorité d’entre eux – également besoin dudit traitement – ne peut pas se le permettre et qu’ils ne reçoivent pas d’aide pour le préjudice qu’elles ont subi ».
A cet effet, Mme Massida demande à la Chambre de première instance de statuer pour que M. Gbagbo reste en détention pour assurer sa comparution au procès parce que cela n’entravera ou ne compromettra pas l’enquête ou la procédure. Contrairement aux arguments de la Défense (voir L’inter n°4999 du samedi 7 au dimanche 8 février 2015), la Représentante des victimes estime que «les considérations relatives au passé du suspect, ses contacts, ses liens internationaux, ses ressources financières et la disponibilité de son réseau sont des facteurs pertinents à la détermination de l’existence d’un risque de fuite ». Elle en veut pour preuve, les récentes déclarations de Mme Agnès Monnet, secrétaire générale du Fpi indiquant que le président Affi N’Guessan a un plan pour libérer Gbagbo. «Affi N’Guessan a récemment déclaré que la libération de M. Gbagbo doit être organisée de l’extérieur de la Cour et a fait référence aux dizaines de personnes qui ont déjà adhéré à l’administration publique après avoir été libérés de prison ou autorisés à rentrer en Côte d’Ivoire, et des dizaines de comptes bancaires ont déjà été débloqués par les autorités ivoiriennes. Contrairement aux arguments de la Défense, tout cela suggère que M. Gbagbo aurait amplement les moyens de se soustraire de la justice s’il était libéré», se défend-t-elle.
Mme Paolina Massida va plus loin dans son argumentaire en accablant l’un des vice-présidents du Fpi, Laurent Akoun. Selon elle, l’ancien secrétaire général du parti à la rose a commencé à mobiliser des partisans favorables à la libération de M. Gbagbo et à préparer sa candidature aux prochaines élections ivoiriennes sous le slogan «Gbagbo ou rien», précisant par ailleurs qu’il “a pris un billet aller-retour” pour La Haye ». Poursuivant son argumentaire, elle explique que les victimes, se réunissant régulièrement en Côte d’Ivoire, insistent sur la nécessité de maintenir M. Gbagbo en détention à cause de la situation sécuritaire qui s’améliore lentement à Abidjan tout en exprimant des craintes quant à leur sécurité. «Les victimes craignent qu’une éventuelle mise en liberté de M. Gbagbo se traduira par une perturbation des procédures judiciaires et compromettra gravement l’exercice effectif de leur droit», développe-t-elle encore.
Laurent Gbagbo sera jugé le 7 juillet 2015. Il aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle pour quatre chefs de crimes contre l’humanité, perpétrés à Abidjan, conjointement avec les membres de son entourage immédiat, et par l’intermédiaire des forces pro-Gbagbo, à savoir meurtre, viol, autres actes inhumains et persécution.
L’inter



