04302026Headline:

De Wagner à l’influence hybride: Les nouvelles tactiques russes en Afrique

Deux ans après la disparition d’Evgueni Prigojine, le Kremlin a achevé la restructuration de ses activités sur le continent africain. Une enquête conjointe de RFI et du collectif All Eyes on Wagner révèle que Moscou a délaissé le style brutal de Wagner pour des méthodes plus discrètes, mêlant diplomatie culturelle, infiltration politique et réseaux de désinformation.

L’affaire angolaise : Le pivot vers le “soft power”
Le 7 août 2025, l’arrestation de deux citoyens russes à Luanda, Lev Lakshtanov et Igor Racthin, a mis en lumière ce nouveau mode opératoire. Accusés de terrorisme et de financement de troubles sociaux, ils auraient utilisé des couvertures civiles pour déstabiliser le pays :

La vitrine culturelle : Lakshtanov dirigeait Farol, une ONG liée à l’agence officielle russe Rossotrudnichestvo, sous couvert d’ouvrir une “Maison russe” en Angola.
L’infiltration médiatique : Se présentant comme journalistes, les agents ont approché des cadres de l’opposition (Unita) et des médias publics pour produire des contenus rémunérés et des sondages d’opinion favorables à la Russie.
L’agitation sociale : Les autorités les soupçonnent d’avoir activé un réseau de désinformation pour amplifier les violentes manifestations contre la hausse du prix des carburants.
Du Tchad à l’Angola : Un scénario standardisé
Les événements de Luanda font écho à une opération similaire menée au Tchad en septembre 2024. À Ndjamena, des figures historiques de l’influence russe, comme Maksim Shugaley, ont été interpellées. Leurs méthodes étaient identiques :

Couvertures variées : Se présenter comme investisseurs, journalistes ou agents culturels.
Recrutement local : Former des réseaux de locaux russophones et rémunérer des journalistes nationaux pour diffuser la propagande du Kremlin.
Ancrage institutionnel : Utiliser l’inauguration de centres culturels comme plateformes de renseignement et d’influence politique.
L’écosystème “Africa Politology”
Selon Lou Osborn (All Eyes on Wagner), l’influence russe s’est professionnalisée à travers de nouvelles structures :

Entité Rôle et fonction
Africa Corps Bras armé reprenant les actifs militaires de Wagner sous contrôle direct du Kremlin.
African Initiative Vitrine médiatique et sociale accompagnant le déploiement militaire.
Africa Politology Pool de consultants politiques et d’experts, souvent issus des services secrets, chargés de manipuler l’opinion publique.
L’essentiel : Moscou cible désormais des pays comme l’Angola et le Tchad avec une stratégie “hybride”. Moins visible que les mercenaires de Wagner, cette nouvelle armée de l’ombre s’immisce dans les tissus sociaux et politiques locaux pour assurer l’hégémonie russe.

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