05242022Headline:

Guerre en Ukraine : Laurent Gbagbo invite les africains à « réfléchir » car cette crise va avoir « des implications » sur l’Afrique

Le Président Laurent Gbagbo, Président du Parti des Peuples Africain-Côte d’Ivoire a présidé, mercredi 02 mars 2022, à son quartier général sis à Cocody-Attoban, l’ouverture officielle de la première session ordinaire du comité de contrôle du PPA-CI. CI-après l’intégralité de son message.


Chers amis, chers camarades, chers frères et sœurs, je salue cette réunion qui est une première.
La création du Comité de Contrôle remonte à 1990 lors du Congrès du Front Populaire Ivoirien à l’hôtel Ivoire. A ce Congrès, il nous est venu une idée de nous distinguer des autres partis existants. Cette idée était de créer, en notre sein, un comité qui contrôlerait le travail. L’annonce de cette idée a été saluée avec un grand enthousiasme par le Congrès mais, effet pervers, a été perçue comme la naissance d’un organe qui devait absolument être contre l’exécutif. L’élection du Comité de Contrôle, par le Congrès, au même titre que l’élection du Président du Parti n’a pas épargné cette thèse. Heureusement que la Direction du Parti savait où elle allait et connaissait ses vrais adversaires.
Mais, je suis heureux que cette idée ait survécue parce qu’une structure où on ne met pas en place des organes de contrôle est une structure où on peut se faire élire Président sans contrôle. Il y a beaucoup de dérives dans nos États africains juste parce que les organes de Contrôle ne jouent pas leurs rôles, les parlements ne jouent pas véritablement leurs rôles et donc les individus qui sont chargés de conduire les affaires font un peu ce qu’ils veulent. Je regarde régulièrement l’actualité et quelques fois il y a des problèmes juste parce que les dirigeants de certains pays ne sont pas suffisamment contrôlés or il faut qu’ils soient contrôlés.
Merci Camarades du Comité de Contrôle d’être là. Je voudrais en commençant saluer la Présidente Amon Agoh Marthe. Elle a l’air d’une petite femme, nonchalante mais c’est une dure, une coriace. Moi je l’ai rencontré par hasard. Elle tournait autour du FPI sans jamais y entrer. Je la regardais, et puis une fois je revenais de voyage et on m’a rapporté que les femmes de l’OFFPI étaient à Toumodi pour suivre une série de conférences qu’elles organisaient et ces conférences étaient données par Marthe Ago. Le même jour, j’ai pris ma voiture et je suis allé à Toumodi. J’ai écouté la dernière conférence et quand tout eut été bouclé , je l’ai appelé avec des amis qui m’avait accompagné et je lui ai dit : ” Marthe arrête de jouer au chat et à la souris. Tout le temps, quand le parti a des activités, tu es là mais tu ne rentres pas. Viens dans le parti.” C’était la première fois que je lui en parlais… Après, il y a eu encore quelques événements qui l’ont convaincu à s’engager activement. Je me rappelle encore quand nous étions en 1992 à la MACA. Sur notre situation à la MACA et sur différents sujets, c’est Marthe Ago qui, en qualité de spécialiste, étudiait les questions. On lui remettait, elle le faisait et on donnait à nos avocats pour orienter leur plaidoirie et leur défense. Marthe, Merci d’être toi, une femme libre, qui fait absolument ce qu’elle veut et très peu influençable sur ses idées. Quand on a eu l’habitude de la fréquenter, on sait comment travailler avec elle et moi je n’ai jamais eu de problèmes avec Marthe. Il y en a qui ont toujours des problèmes avec elle, mais moi je voudrais signaler que je n’ai jamais eu de problèmes avec elle.C’est une question de méthodes de travail. Il ne faut pas chercher des affrontements pour les chercher. Si tu sais que sur cette voie, il y a des affrontements, quitte la voie et avance. Mais j’ai été surtout heureux de voir autour de toi des personnes que je n’avais pas vu depuis longtemps. il y a Dakouri Roger, le terrible du Tribunal d’Abidjan. La dernière fois qu’on s’était vu, avant mon arrestation, c’était à Mankono. A côté de toi, je vois Ado Gossan, M. le Professeur, M. le Directeur de L’INPHB, M. le Chef de village de Grand Alépé. A la gauche de Marthe, c’est Amara Bamba , que je n’ai pas vu depuis mon retour .
Je vous salue mais je remarque qu’au Comité de Contrôle, le nombre des femmes est plus élevé qu’à gauche (faisant allusion aux invités à cette cérémonie). Nous avons combattu pour la promotion des femmes et nous avons même décidé à l’époque de mettre au minimum 30% des femmes dans chaque organe. Au comité de Contrôle, je constate que ce n’est pas 30% mais ça avoisine. Il y a beaucoup de femmes au niveau du Parti qui sont capables de conception. On ne le fait pas assez. Or il faut qu’on le fasse pour que les femmes percent. Quand on voit qu’un parti ne fait jamais la place aux femmes, les femmes ne sont pas attirées par ce parti mais quand on voit que ce parti fait la passe aux femmes, alors on peut attirer les femmes et leurs voix.Dans ce domaine là, en Côte d’Ivoire, on a pas beaucoup de leçons à recevoir. Quand je regarde le fonctionnement des autres, chez nous est encore mieux. Dans mon premier Gouvernement, il y’avait 6 femmes et c’était une révolution. Je me souviens de l’année 1975, l’année consacrée aux femmes. C’est en cette année que le Président Félix Houphouët-Boigny avait nommé une seule femme dans son Gouvernement, Jeanne Gervais, et elle était Ministre des femmes. Le problème des femmes, c’est une bonne chose pour tirer tout le wagon du Parti. Il faut qu’on fasse aussi la place aux jeunes. Parce que quand les jeunes militent et ont de la place, on prend une assurance pour demain. Celui que vous voyez là, Damana Adia Pickass, nous l’avons remarqué quand il a été président des jeunes du FPI à l’époque. S’il n’avait pas eu cet exercice, il ne serait pas là aujourd’hui. Nous avons remarqué que ce qu’il devait faire avait été bien fait et nous le remercions.
Je convoquerai des dirigeants bientôt pour qu’on traite tous les sujets en suspens tels que les statuts, sur qui est qui, qui est quoi, qui fait quoi. Mais vous voyez que les structurations que nous avons faites sont entrain d’être copiées par les autres. C’est nous même qui ne voyons pas ce que nous faisons de bon. Mais les autres qui nous regardent le savent. Ils savent que c’est leur mort qui arrive là (rires).Mais on se plaint alors que les autres nous envient pour les organes que nous mettons sauf le comité de contrôle parce qu’ils ne veulent pas être contrôlés, même en interne.
Voilà les quelques commentaires que je voulais faire sur place. Mais je ne peux pas cesser de parler sans dire un mot sur la situation dans le monde.
𝗦𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝘀𝗶𝘁𝘂𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝗻 𝗨𝗸𝗿𝗮𝗶𝗻𝗲 :
On a une crise qui n’est pas petite parce qu’elle engage un des grands de ce monde, la Russie. La Russie est un des 5 grands permanents du Conseil de Sécurité. Ce sont les 5 vainqueurs de la 2ème guerre mondiale. Ce sont eux qui ont créé l’ONU et se sont donnés les droits de Veto. Et c’est un de ceux là qui est engagé en Ukraine. Ces cinq grandes nations ont tous l’arme nucléaire. Donc quand un de ces cinq pays est engagé dans un conflit qui secoue le monde, ce n’est pas un petit problème. Parce qu’un dérapage peut arriver et en ce moment eux tous se retiennent pour ne pas que quelqu’un d’entre eux arrive à l’arme nucléaire. Parce que l’arme nucléaire, depuis la deuxième guerre mondiale, nous entendons parler seulement que des essais. Mais nous n’avons pas encore vu une guerre où l’arme nucléaire a été utilisée. Tout ce que nous savons, c’est Hiroshima et Nagasaki mais nous ne savons pas ce que ça va donner. Or le conflit qui a lieu aujourd’hui implique tous les pays qui ont l’arme nucléaire. Tous. La Russie d’abord parce qu’elle est au front mais les Etats-Unis, la Chine, la Grande-Bretagne, la France, parce qu’ils sont derrière et attendent. Il y en a qui disent où se positionne la Chine ? Mais elle est avec la Russie. Et les 3 autres sont dans un autre camp. Cette crise est faite par les autres et concernent le monde entier. Et à la prochaine réunion que je convoquerai, nous mettrons ce sujet à l’ordre du jour et nous discuterons. Commençons déjà donc à réfléchir. N’ignorons pas que cette crise va avoir des implications sur l’Afrique, le prix du carburant va monter puisque toutes les voies de communication maritime sont potentiellement bloquées et toutes les voies de circulation monétaire également bloquées. La Russie rigole parce qu’elle est le premier producteur de Blé donc pour manger sur place, elle n’a pas de problème mais il n’y a pas que la nourriture. Aux USA, pour celui qui a écouté Joe Biden l’année dernière, ils commencent à avoir des problèmes parce qu’il faut que les Etats-Unis s’approvisionnent totalement en pétrole mais approvisionnent aussi l’Europe occidentale qui est approvisionné par le Russie en pétrole et en gaz.
Je ne parle même pas du sort des africains. Il faut que les africains réfléchissent et prennent des dispositions pour que de tels conflits qui se déroulent ailleurs, sur d’autres continents, n’aient pas trop d’influence négative sur l’Afrique. Je dis bien, n’ais pas “trop” d’influence, parce que il y en aura mais n’ait pas trop. L’Arabie saoudite retient son pétrole et son gaz parce qu’ils ne savent pas ce qui va arriver dans les jours à venir. Ils ne savent pas dans qu’elle direction lâcher les pipelines parce qu’objectivement la Russie est leur allié en raison de la fixation des prix sur le marché. L’Afrique est silencieuse, parce qu’elle ne sait pas comment faire. La situation est grave. Elle est grave parce que même si la guerre s’arrête, le poison de la méfiance est telle que les relations internationales entre ces puissants va être totalement différente. Et les résolutions à l’ONU vont être plus difficiles à prendre. Parce qu’ils sont 5, 3 d’un côté et 2 de l’autre. Chacun a le droit de veto. Comment faire ? Comment faire ? Nous on a plaidé pendant longtemps, quand j’étais militant et Président, pour que l’Afrique ait un droit de veto. Et nous étions prêts à étudier à l’union Africaine, à qui le confier. On a milité pour ça mais nous n’avons pas eu parce que les 5 sont jaloux de leur entreprise. Il faut qu’on bouscule les États Africains, un peu, pour qu’ils s’expriment. Du côté de l’est, vers Zanzibar, la circulation est pratiquement bloquée. Quand on sort de la mer rouge, il faut pouvoir y entrer et l’Égypte ne souhaite pas que quelqu’un rentre dans la mer rouge s’il ne sait pas l’identité. Le détroit de Gibraltar est surveillé. Donc la méditerranée est devenue aujourd’hui un lac pour l’Europe du Sud et l’Afrique du nord. Rares sont maintenant les bateaux qui sortent de là. Et ça ça pénalise parce qu’une bonne partie du pétrole qui sert les États africains est là. Nous on avait la chance parce qu’on s’approvisionnait au Nigeria. Le seul pays lointain, où on s’approvionnait, était le Venezuela.
Je vous demande tous de réfléchir à ce problème parce qu’il faut que le PPA-CI fasse des réunions et adopte une attitude, vu cette situation. La guerre, c’est quand on la croit loin qu’elle est proche. Il n’y a pas de guerre proche ou lointaine aujourd’hui, surtout avec les vitesses d’armement. Tout le mode est concerné. Je vous demande de réfléchir et d’être vigilant. Il faut qu’on réfléchisse vite pour ne pas être surpris. .
Mme la Présidente, je vous remercie pour cette cérémonie. Il faut que les camarades travaillent. Je dis toujours qu’il faut dépasser les petits problèmes. Les vrais problèmes, c’est que le PPA-CI est dans l’opposition et le pays est mal géré. Et donc comment faire pour prendre le pouvoir et gérer mieux le pays.
Je vous remercie mais vous avez une tâche de stabilisation du Parti, vous et l’Inspection, et faites bien la vôtre avec vos camarades.
Je vous remercie.

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