À Addis-Abeba, en prélude au 12e Forum régional africain sur le développement durable, le secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, a appelé les pays du continent à adopter une position commune sur l’eau, présentée comme un levier central de croissance, de sécurité et de résilience climatique.
La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a exhorté, lundi, les États africains à placer l’eau au cœur de leurs politiques de développement et à parler d’une seule voix lors des grandes échéances internationales prévues en 2026.
S’exprimant à l’ouverture d’un pré-événement de haut niveau du 12e Forum régional africain sur le développement durable (ARFSD-12), le secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, a estimé que l’eau n’est plus seulement une question sociale, mais « un impératif économique, environnemental et sécuritaire ».
Selon lui, le continent dispose d’importantes ressources hydriques, mais plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une eau potable de base, tandis qu’environ deux fois plus restent privés de services d’assainissement élémentaires.
M. Gatete a également rappelé que plus de 60 % des terres africaines se situent dans des bassins fluviaux transfrontaliers, faisant de la coopération régionale « non pas un choix, mais une nécessité ».
Face aux chocs climatiques croissants, aux tensions géopolitiques et à la pression sur les ressources naturelles, il a appelé à revoir la manière dont le continent valorise et gère l’eau.
« L’eau n’est pas un secteur isolé, c’est un super-connecteur », a-t-il affirmé, soulignant son rôle clé pour l’agriculture, l’énergie, l’industrie et la qualité de vie urbaine.
Le responsable onusien a cité plusieurs exemples encourageants. En Afrique du Nord, des pays comme le Maroc intègrent déjà la gestion de l’eau dans les systèmes d’énergies renouvelables, tandis qu’en Afrique de l’Ouest et au Sahel, les investissements dans l’irrigation améliorent la productivité agricole et renforcent la sécurité alimentaire.
Cependant, ces progrès demeurent insuffisants et inégalement répartis, a-t-il averti, regrettant que l’eau soit encore sous-évaluée dans la planification publique et que les investissements restent fragmentés.
Pour y remédier, Claver Gatete a proposé cinq priorités : considérer l’eau comme une infrastructure économique essentielle, promouvoir une planification intégrée entre eau, énergie, agriculture et climat, renforcer la coopération transfrontalière, accroître les financements publics et privés et, surtout, bâtir une position africaine commune.
« L’Afrique doit parler d’une seule voix », a-t-il insisté, alors que l’Union africaine a proclamé 2026 Année de l’eau et que se profilent la Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026, ainsi que le Forum politique de haut niveau sur le développement durable.
La CEA s’est dite prête à accompagner les États membres à travers la recherche politique, l’assistance technique et son pouvoir de mobilisation, afin de transformer cette ambition en résultats concrets.



