
À l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), avec leurs sacs ou leurs valises, les étudiants ont commencé à plier bagages, quitter le campus, après les violences de la veille. Les cours ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre. Les dégâts sont bien visibles à l’Ucad : bus calcinés, installations ravagées.
Même chose dans plusieurs quartiers de la capitale où les heurts se sont poursuivis jusque tard dans la nuit du 1er au 2 juin : Ngor, Yoff, par exemple, en banlieue de Dakar aussi. Des magasins, des stations-service ont été incendiés.
Ce vendredi matin, dans certains secteurs, Dakar ressemblait à une « ville fantôme » : commerces fermés, peu de circulation.
La vie a repris petit à petit, même si rien de comparable avec un vendredi habituel. De nombreux commerces et bureaux restent fermées. Idem pour les écoles.
À Ziguinchor, les affrontements ont fait 3 morts ce 1er juin. Tension très forte dans cette ville de Casamance. De nombreux édifices régionaux de l’état et des écoles ont été saccagés. La situation était revenue au calme ce vendredi matin mais elle était train de se tendre à nouveau à la mi-journée.
Les affrontements ont repris dans différents endroits de la ville. C’est notamment le cas dans le quartier Kadior, sur le boulevard 54, où des jeunes font face aux forces de l’ordre. La ville est quasiment à l’arrêt aujourd’hui. Les commerces sont fermés, les voitures ne peuvent pas circuler. Ziguinchor porte les stigmates des violents affrontements de la veille.
Il restait encore ce matin à certains endroits des troncs d’arbres et des amas de pierres sur les routes.
Les heurts entre jeunes et forces de l’ordre ont donc causé la mort de trois jeunes de la ville. Aucun bilan chiffré n’a été communiqué pour ce qui est des blessés. Les affrontements ont duré hier toute la journée jusqu’à tard dans la nuit.
Des agences et services régionaux de l’État ont été saccagés. C’est notamment le cas de l’Agence nationale des statistiques et de la démographie. Également prises pour cibles, des banques comme le Crédit mutuel. Plusieurs sources rapportent également que de nombreuses écoles et des lycées ont été vandalisés. « Rien n’a été épargné », commente, dépitée, une source locale.


