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Soutien au Bénin : l’engagement des forces françaises depuis Abidjan a déclenché une tempête politique à Paris

Le concours de forces spéciales françaises au Bénin pour contrer le putsch sollicité par le président Talon provoque une vive controverse politique et juridique en France.

Le déploiement de forces spéciales françaises depuis Abidjan vers le Bénin, sollicité par le président béninois Patrice Talon pour contrer une tentative de putsch, a déclenché une vive polémique politique en France. La décision, confirmée par l’Élysée et le ministère des Armées, s’inscrit pourtant dans le cadre d’un appui logistique, de surveillance et d’observation, selon les autorités françaises.

Des aides au ratissage
Selon le colonel Dieudonné Djimon Tévoédjrè, commandant de la Garde républicaine béninoise, des forces spéciales françaises parties de la base de Port-Bouët ont apporté un appui technique lors des opérations de ratissage réalisées après les frappes de l’armée nigériane.

« Ces Forces spéciales nous ont aidé à faire le ratissage », at-il déclaré sur RFI.
En France, l’intervention est vivement adressée. Malgré ces explications, le groupe parlementaire La France insoumise estime que le gouvernement français a « bafoué la Constitution » en engageant des militaires sans consultation du Parlement.

L’article 35 violé
Dans un communiqué publié jeudi, les députés proches de Jean-Luc Mélenchon exigent que le Premier ministre Sébastien Lecornu s’explique devant l’Assemblée nationale et précise « les objectifs, le cadre juridique et les modalités » de cette intervention.

Les parlementaires insoumis rappellent que l’article 35 de la Constitution impose au gouvernement d’informer la représentation nationale dans les trois jours de toute intervention militaire française à l’étranger. Selon eux, ce délai n’a pas été respecté et « l’exécutif s’affranchit une fois encore de la Constitution ».

De son côté, le ministère des Armées souligne que ce soutien s’inscrit dans une logique de partenariat solide et ancienne entre la France et le Bénin, ainsi que dans l’appui aux efforts régionaux de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). L’Élysée a précisé que l’intervention visait exclusivement des missions de surveillance, d’observation et de logistique, sans participation directe aux combats.

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