Quatre civils -dont le chef de canton de Ngouboua- et un militaire ont été tués pendant l’assaut qui a été repoussé, a précisé cette source.
Tchad: Boko Haram s’attaque pour la première fois au Tchad
Quelques jours seulement, après avoir menacé ce pays de représailles pour son soutien à Abuja, Boko Haram a mis à exécution ses menaces contre le Tchad qui accueille dans ce village de Ngouboua plus de 7 000 réfugiés nigérians, ayant fui les violences des hommes de Aboubakar Shekau, le leader de ce mouvement sanguinaire.
Les terroristes islamistes nigérians, Boko Haram, se sont attaqués, pour la première fois, au Tchad, après avoir opéré la semaine dernière dans le sud du Niger, alors que le nord-est du Nigeria a enregistré jeudi de nouvelles victimes de ce mouvement. Usant de barques à moteurs, les éléments de Boko Haram se sont attaqués à
Ngouboua, sur la rive tchadienne au nord du lac, faisant cinq morts et des dizaines de blessés. «Les éléments de Boko Haram sont arrivés à bord de grandes pirogues à moteur depuis la localité nigériane de Baga sur le lac, et ont attaqué aux environs de trois heures du matin (2h GMT) le village et un camp militaire», a rapporté l’AFP, citant des sources sécuritaires tchadiennes, dont le pays a envoyé des troupes au Cameroun pour lutter contre ce mouvement du nord musulman du Nigeria.
Quatre civils -dont le chef de canton de Ngouboua- et un militaire ont été tués pendant l’assaut qui a été repoussé, a précisé cette source.
L’aviation tchadienne a riposté à cette attaque en détruisant les barques des assaillants, mais aucun bilan n’était disponible concernant les pertes subies par Boko Haram.
Quelques jours seulement, après avoir menacé ce pays de représailles pour son soutien à Abuja, Boko Haram a mis à exécution ses menaces contre le Tchad qui accueille dans ce village de Ngouboua plus de 7 000 réfugiés nigérians, ayant fui les violences des hommes de Aboubakar Shekau, le leader de ce mouvement sanguinaire.
Malgré les lourdes pertes que subit Boko Haram, son chef semblerait déterminé à embraser, non pas seulement le nord du Nigeria, mais aussi les pays voisins qu’il a utilisé, jusque-là, en tant que bases arrières. Boko Haram, qui n’est affilié à aucune organisation terroriste islamiste internationale, du type Al-Qaïda ou Daesh (Etat islamique), n’a pas caché son ambition de créer un califat dans le nord du Nigeria.
Son indépendance ne l’a pas empêché d’entretenir des liens étroits avec les autres organisations terroristes de la région sahélo-saharienne, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique qui active dans le Nord-Mali et le nord-ouest du Niger.
Cette connexion a mis tous les États de la région sur le qui-vive et oblige aujourd’hui la France, à travers son opération Barkhane, à adopter une autre stratégie de lutte contre le terrorisme, en accord avec ses partenaires locaux (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad). Cependant, la lutte contre Boko Haram doit mobiliser plus de moyens humains, financiers et matériels.
En attendant la mobilisation des7 500 soldats promis par l’Union africaine, dans le cadre d’une force militaire internationale, pour porter secours à Abuja, la situation continue de se dégrader dans le nord du Nigeria où loi islamique est appliquée dans la majorité des États, avant même la flambée des violences armées provoquées par Boko Haram. Le jeu trouble du président nigérian Jonathan Goodluck, soupçonné par ses opposants d’entretenir cette situation de terreur pour rester au pouvoir, mettra en péril, à moyen terme, l’ensemble de la sous-région de l’Afrique de l’Ouest et des pays de la bande sahélo-saharienne.
La Tribune



