A Douala, deux compagnies aériennes ont été prises avec près de 2,5 tonnes de stupéfiants. Les douanes camerounaises ont intercepté une cargaison de cocaïne et de tramadol. Les services douaniers ont mis la main sur l’une des plus importantes cargaisons de stupéfiants jamais saisies à l’aéroport international de Douala. D’une valeur marchande estimée à 50 milliards de FCFA, la marchandise était transportée par deux compagnies aériennes, l’une européenne et l’autre africaine, sous de fausses déclarations de fournitures médicales.
L’opération s’est déroulée sur la base de renseignements ciblés de haut niveau. Selon un document du ministère des Finances consulté par Ecromatin , le service principal de surveillance des douanes de l’aéroport de Douala a réussi l’interception de six marchandises majeures de drogue illicite . Le butin total représente environ 90 millions de dollars, soit près de 50 milliards de FCFA. Les produits saisis pèsent au total 2 491 kilogrammes. Ce volume impressionnant se compose de 1 057 kg de cocaïne en provenance d’Allemagne et de 1 434 kg de tramadol expédiés depuis l’Inde et le Soudan du Sud. Les autorités précisent que ces substances psychoactives ont été acheminées par une compagnie aérienne européenne et une compagnie aérienne africaine dans le but de contourner les contrôles frontaux.
Des fournitures médicales comme couverture
Le mode opératoire des trafiquants était rodé. Les expéditions avaient été faussement déclarées comme des fournitures médicales, indique la note du ministre des Finances. Cette technique de camouflage vise à échapper à la vigilance des services douaniers, habitués à traiter ce type de marchandises. Cette saisie a permis d’empêcher la mise en circulation d’environ 27 millions de comprimés de tramadol. Cet opioïde, dont l’usage détourné à des fins non médicales est en forte progression en Afrique centrale, fait des ravages parmi les jeunes consommateurs. Les autorités soulignent que cette opération contribue à protéger la population des effets dévastateurs de l’abus de drogue, dans un contexte marqué par une consommation croissante de substances illicites. La saisie de cocaïne, provenant d’Allemagne, interroge sur les routes empruntées par les trafiquants pour faire transiter la drogue sud-américaine vers l’Europe. L’Afrique centrale apparaît de plus en plus comme une zone de transit et de consommation pour ces produits.
Les enquêtes en cours devraient permettre de remonter les filières et d’identifier les complices éventuelles au Cameroun et à l’étranger.
Conformément aux dispositions des articles 360 à 369 du code des douanes de la Cemac, toute la procédure a été transmise à la justice. Le corps du délit, le procès-verbal de saisie ainsi que la lettre de transport aérien ont été mis à la disposition du procureur de la République près le tribunal de grande instance du Wouri à Douala pour la suite des enquêtes. Les marchandises saisies ont été immédiatement placées sous scellées et remises aux autorités compétentes. Les enquêtes permettront d’identifier les commanditaires de ce trafic et l’ensemble de la chaîne logistique utilisée pour acheminer cette drogue jusqu’au Cameroun. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a salué le travail des services de surveillance douanière. Cette interception s’opère dans une série d’opérations stratégiques menées par les douanes camerounaises pour lutter contre le trafic international de drogue. Pas plus tard que l’année dernière, 5 kg de drogue pour un montant de 9 milliards de FCFA dissimulés dans des fruits en plastique en provenance d’Europe avaient été interceptés par les autorités douanières de l’aéroport de Douala.
Un aéroport désormais bien surveillé
L’aéroport international de Douala constitue la principale porte d’entrée aérienne du Cameroun. Cette plateforme est devenue un vecteur récurrent des trafics de stupéfiants, ce qui pousse les autorités à renforcer constamment les dispositifs de contrôle. Les réseaux de trafiquants représentent une menace directe pour la santé publique, l’ordre social et la sécurité nationale , rappelant les autorités. La détermination du gouvernement vise à intensifier la lutte contre ces filières qui tentent d’utiliser le territoire camerounais comme zone de transit ou de commercialisation. Ce dossier de saisie envoie un signal fort aux trafiquants. Elle démontre la capacité des services douaniers camerounais à obtenir du renseignement exploitable et à mener des opérations d’envergure. Les enquêtes en cours devraient permettre de remonter les filières et d’identifier les complices éventuelles au Cameroun et à l’étranger. Le tramadol, dont près d’une tonne et demie a été saisie, fait l’objet d’une attention particulière des autorités sanitaires. Cet antalgique puissant, détourné de son usage médical, est consommé comme stupéfiant par de nombreux jeunes en Afrique de l’Ouest et centrale. Son trafic alimente des réseaux criminels qui prospèrent sur la dépendance et la souffrance des consommateurs. La saisie de cocaïne, plus d’une tonne, représente une valeur considérable sur le marché illicite.
Son interception prive les trafiquants de revenus substantiels et déstabilise probablement plusieurs organisations criminelles. L’implication des compagnies aériennes européennes et africaines dans ce trafic soulève la question de la responsabilité des transporteurs. Les autorités camerounaises entendent bien poursuivre les enquêtes pour déterminer le niveau de connaissance et d’implication éventuelle des personnels de ces entreprises. La lutte contre le trafic international de drogue nécessite une coopération renforcée entre les services des différents pays. Les douanes camerounaises travaillent régulièrement avec leurs homologues étrangers et les organisations internationales spécialisées dans la répression du trafic de stupéfiants. Cette opération a démontré l’efficacité des services de renseignement douanier lorsqu’ils disposent d’informations précises et exploitables. Le gouvernement entend poursuivre les investissements dans ce secteur pour renforcer encore les capacités d’interception. La protection de la population contre le fléau de la drogue reste une priorité accordée aux autorités, qui multiplient les opérations de contrôle aux frontières et à l’intérieur du territoire.



