La capitale guinéenne a vécu, ce vendredi 16 janvier, au rythme des arrivées officielles venues de tout le continent. Dans une atmosphère empreinte de solennité, Conakry a accueilli plusieurs chefs d’État, hauts responsables politiques et dirigeants d’institutions régionales et internationales, tous présents pour assister à l’investiture du président Mamadi Doumbouya, prévue le lendemain, samedi 17 janvier.
Dès les premières heures de la matinée, l’aéroport international Ahmed Sékou Touré a vu défiler les délégations étrangères, montrant l’intérêt porté à cette cérémonie, présentée par les autorités guinéennes comme une étape majeure de la transition politique en cours. Cette affluence diplomatique témoigne aussi de l’attention accordée à la trajectoire de la Guinée dans un contexte sous-régional marqué par de fortes recompositions politiques.
Une cérémonie pensée à grande échelle
Ces dernières années, les investitures présidentielles en Guinée s’étaient déroulées dans des cadres plus sobres, notamment au Palais du peuple en 2010, puis au Palais Mohammed V en 2015 et 2020. Cette fois, Mamadi Doumbouya, passé du statut de chef de la transition à celui de président élu à l’issue du scrutin du 28 décembre, a opté pour un format plus ample. La cérémonie de prestation de serment est programmée au stade Général Lansana Conté de Nongo, une enceinte capable d’accueillir plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ce choix traduit la volonté affichée des autorités de donner à l’événement une dimension populaire et nationale, en associant largement les citoyens à ce moment institutionnel. Parmi les personnalités africaines ayant répondu à l’invitation officielle figurent plusieurs chefs d’État et responsables de premier plan. Le président gambien Adama Barrow est arrivé à Conakry en début de journée, confirmant la présence de l’Afrique de l’Ouest à ce rendez-vous politique. D’autres grands amis au président élu, devraient être aussi présents comme Oligui Nguéma, Paul Kagamé, etc.
La cérémonie accueille également Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, dont la participation est perçue comme un signal de dialogue maintenu entre Conakry et l’organisation continentale. À ses côtés, Teodoro Nguema Obiang Mangue, vice-président de la République de Guinée équatoriale, représente un pays voisin aux relations suivies avec la Guinée. Bamako ce 17 janvier 2025. Le Président de la Transition a quitté Bamako ce matin pour la Guinée. Dans le cadre de l’investiture de son homologue de la Guinée, ce 17 janvier 2026, le Général d’Armée Assimi Goita, Président de la Transition, s’est rendu ce matin en République de Guinée, où il participera, aux côtés d’autres homologues africains, à la cérémonie d’investiture. En plus des membres du cabinet présidentiel, le Chef de l’État est accompagné d’une forte délégation ministérielle dont le Ministre de la Défense et des Anciens combattants, le Ministre de l’Economie et des Finances, le Ministre des Transports et des Infrastructures, et le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.
Aucun badge, aucun ticket, aucun laissez-passer n’est exigé pour assister à cette cérémonie
Le Bénin est représenté par son ministre des Affaires étrangères, Olushagun Bakari, mandaté par le président Patrice Talon. L’Union des Comores a dépêché son Premier ministre, Ibrahima Mhoumadi Sidi, tandis que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est présente à travers Hadja Memounatou Ibrahima, présidente de son Parlement. Le volet économique n’est pas en reste, avec la présence de Sidi Ould Tah, directeur général de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). Le Togo est représenté par le professeur Komi Sélom Klassou, président de l’Assemblée nationale. La diversité des profils présents à Conakry, entre responsables politiques, parlementaires et dirigeants d’institutions financières, reflète la volonté des autorités guinéennes de projeter une image d’ouverture et de coopération. Elle intervient dans un contexte où la Guinée continue de redéfinir ses relations avec ses partenaires régionaux et internationaux après plusieurs années de transition. Si certains États et organisations avaient, par le passé, exprimé des réserves sur le calendrier politique guinéen, cette investiture apparaît comme un moment de clarification institutionnelle, observé avec attention par les capitales africaines.
Une cérémonie ouverte à tous
À la veille de l’événement, Moussa Moïse Sylla, président de la Commission Communication et Médias, a tenu à lever toute ambiguïté sur les modalités d’accès au stade. Dans un entretien accordé à des journalistes, il a assuré que la cérémonie serait accessible à l’ensemble de la population. « Aucun badge, aucun ticket, aucun laissez-passer n’est exigé pour assister à cette cérémonie », a-t-il affirmé. Selon lui, les autorités ont souhaité une investiture inclusive, populaire et républicaine, fidèle à l’esprit de rassemblement national affiché par le président élu. Pour faciliter l’accès au stade Général Lansana Conté, les organisateurs ont prévu un dispositif spécifique. Les piétons seront autorisés à rejoindre le site, tandis que les véhicules personnels ne seront pas admis aux abords immédiats de l’enceinte. Des bus affrétés par les autorités assureront des navettes afin de transporter les populations vers le stade. Sur place, plusieurs commissions ont été mises en place pour orienter les participants. Les tribunes sont organisées selon un code de couleurs (rouge, jaune et vert) en référence aux couleurs nationales. À l’entrée du stade, des tee-shirts et des bracelets correspondant à ces couleurs seront distribués afin de faciliter le positionnement du public dans les différentes zones. Comme pour tout événement de grande envergure, un dispositif sécuritaire renforcé est prévu. Les participants sont invités à se présenter sans bagages encombrants ni objets interdits. Des points de fouille seront installés aux différentes entrées, avec une surveillance accrue à l’intérieur et autour du stade. Selon Moussa Moïse Sylla, ces mesures visent à garantir le bon déroulement de la cérémonie dans un climat de calme et de discipline, tout en assurant la sécurité des participants et des délégations officielles.
La cérémonie débutera à partir de 8 heures, avec une animation artistique assurée par plusieurs artistes guinéens. Ces prestations se poursuivront jusqu’à l’entrée solennelle du président élu et des chefs d’État invités, prévue aux alentours de 11 heures. La prestation de serment sera accompagnée d’un ballet du Circus Baobab, formation reconnue sur la scène culturelle internationale. À travers une création mêlant acrobaties, danses et rythmes traditionnels, le spectacle entend illustrer la diversité culturelle du pays et la vitalité de la société guinéenne. Cette séquence artistique fera également référence au programme de développement Simandou 2040, présenté par les autorités comme un cadre structurant pour l’exploitation des ressources minières et la transformation économique du pays. Élu avec 86,72 % des suffrages exprimés, Mamadi Doumbouya accède officiellement à la magistrature suprême à l’issue d’un processus électoral présenté par les autorités comme l’aboutissement de la transition. La cérémonie se veut placée sous le signe de l’unité nationale et du rassemblement de toutes les composantes de la société. Pour les autorités, il s’agit aussi d’envoyer un message de stabilité et de continuité, à l’heure où la Guinée cherche à consolider ses institutions et à rassurer ses partenaires.



