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Huiles de pétrole : Le Togo 2è fournisseur du Cameroun


Au deuxième trimestre 2025, le Togo a occupé le rang de deuxième fournisseur du Cameroun en valeur des importations. Selon les données du Conseil national des chargeurs du Cameroun, relayées par Investir au Cameroun, les échanges ont atteint 162,7 milliards de FCFA, essentiellement portés par les produits pétroliers.

Cette progression confirme le rôle central joué par Lomé dans l’approvisionnement énergétique de la sous-région. Elle met également en lumière la solidité d’un corridor logistique devenu incontournable pour plusieurs pays d’Afrique centrale.

Le poids des hydrocarbures
Les huiles de pétrole constituent le principal moteur de cette performance. Le Cameroun, dont les besoins énergétiques restent importants, s’appuie sur des circuits d’approvisionnement diversifiés. Dans ce dispositif, le Togo occupe une place de premier plan grâce à ses capacités de transbordement et de réexportation. Le Port autonome de Lomé, en particulier, sert de plateforme pour la redistribution de carburants et de lubrifiants vers plusieurs marchés voisins. Cette fonction logistique permet au Togo de se positionner comme un intermédiaire efficace entre les grands fournisseurs internationaux et les économies de la région. Au deuxième trimestre 2025, la valeur des importations camerounaises en provenance du Togo traduit cette dynamique. Les 162,7 milliards de FCFA enregistrés traduisent un volume significatif d’échanges, dans un contexte où la sécurité énergétique demeure un enjeu majeur. La place du Togo parmi les principaux partenaires commerciaux du Cameroun ne relève pas du hasard. Elle s’inscrit dans une continuité. En 2020 déjà, le pays figurait au premier rang des fournisseurs africains du Cameroun.

À l’époque, les carburants et lubrifiants transbordés par le port de Lomé avaient largement contribué à ce positionnement.
Le schéma logistique mis en place avait alors démontré son efficacité. Cette capacité à se maintenir dans le trio de tête des fournisseurs régionaux s’appuie sur une organisation portuaire rodée et sur une politique d’ouverture aux flux commerciaux. Lomé a su capter une part croissante des échanges en direction de l’Afrique centrale, profitant de sa situation géographique et de ses infrastructures. Le cas camerounais n’est pas isolé. Le Togo joue également un rôle important dans l’approvisionnement d’autres pays de la région. En 2022, par exemple, il était le premier fournisseur africain du Gabon, avec des exportations évaluées à 41,6 milliards de FCFA, selon les données douanières locales. Là encore, les produits énergétiques figuraient parmi les principaux postes d’échanges. Ces chiffres confirment la capacité du Togo à rayonner au-delà de ses frontières immédiates. Le pays s’est progressivement imposé comme un maillon logistique pour les économies enclavées ou à capacité portuaire limitée.

Le Port de Lomé, pièce maîtresse
Au cœur de cette stratégie se trouve le Port autonome de Lomé. Unique port en eau profonde de la sous-région capable d’accueillir de grands navires, il constitue l’atout majeur du pays. Les autorités togolaises continuent d’investir pour améliorer ses performances. Le dragage du chenal, en cours, doit permettre l’accueil de navires de plus grande capacité. L’objectif est clair : renforcer l’attractivité de la plateforme et fluidifier le trafic. Ces travaux s’ajoutent aux efforts déjà consentis pour moderniser les équipements, sécuriser les opérations et réduire les délais de traitement. Dans un environnement où la compétitivité logistique fait la différence, chaque amélioration compte. La montée en puissance du Togo dans les échanges avec le Cameroun rappelle l’importance des corridors commerciaux régionaux. Le transit par Lomé offre une alternative crédible aux autres routes d’approvisionnement. Pour le Cameroun, diversifier ses sources et ses itinéraires d’importation constitue un levier de résilience. Pour le Togo, cette coopération commerciale représente une source de revenus et un facteur de dynamisme économique. Les produits pétroliers, en particulier, occupent une place centrale dans cette relation. Leur acheminement nécessite des infrastructures adaptées et une coordination efficace entre acteurs portuaires, transporteurs et opérateurs économiques.

Au fil des années, le Togo a choisi de capitaliser sur sa position géographique pour attirer davantage de flux commerciaux. Cette orientation repose sur la conviction que la logistique peut constituer un moteur de croissance durable. Les autorités multiplient les initiatives pour consolider le rôle de hub régional. Outre le port, des zones logistiques et des plateformes de services se développent afin de soutenir les activités de transit et de réexportation. La performance enregistrée au deuxième trimestre 2025 avec le Cameroun illustre les effets de cette stratégie. Elle confirme que le pays a su tirer parti de ses atouts pour s’insérer durablement dans les chaînes d’approvisionnement régionales. À moyen terme, la poursuite des investissements et l’amélioration continue des infrastructures seront déterminantes pour maintenir cette position. Dans un espace ouest et centre-africain en pleine recomposition commerciale, le Togo entend rester un acteur de premier plan.

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