Un tribunal régional d’Afrique de l’Est a ouvert, ce jeudi, une procédure dans une affaire portée par la République démocratique du Congo (RDC) contre le Rwanda, l’accusant de violation de sa souveraineté en déployant des troupes pour soutenir des rebelles dans l’est du pays.
La RDC accuse les forces rwandaises d’être impliquées dans des agressions et des crimes de guerre, en particulier en lien avec le groupe rebelle M23, qui a étendu son contrôle dans la région. Selon des experts de l’ONU, entre 3 000 et 4 000 soldats rwandais seraient déployés aux côtés du M23, aggravant les tensions dans une zone déjà marquée par la violence armée. La plainte de la RDC vise à tenir le Rwanda responsable des violations des droits humains et à obtenir des réparations pour les victimes.
Cette procédure a été lancée un jour après que le président congolais Félix Tshisekedi a appelé à des sanctions contre le Rwanda lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, dénonçant son soutien aux groupes armés dans l’est de la RDC. Le gouvernement congolais souhaite que le Rwanda soit tenu responsable des atrocités commises contre les civils.
L’avocat représentant la RDC, Elisha Ongoya, a exprimé sa satisfaction quant au début de cette affaire. En revanche, le Rwanda conteste la juridiction de la cour, arguant qu’elle ne traite pas les affaires criminelles, et soulève des erreurs procédurales, notamment l’absence de traduction des documents en anglais, la langue officielle du tribunal.
Le juge président Yohanne Masara a indiqué que le tribunal examinera les arguments des deux parties et rendra un jugement sur les objections à une date ultérieure.



