05052026Headline:

L’ancien ministre algérien de l’Industrie, Ali Aoun, devant les juges le 2 février 2026


Nommé ministre en 2022 pour relancer la production locale de médicaments après la pandémie de Covid, l’ancien patron du groupe pharmaceutique Saidal était déjà, à l’époque, soupçonné de corruption.

Les faits. L’ancien ministre de l’Industrie et la Production pharmaceutique, Ali Aoun, sera jugé, sauf report, le 2 février par le pôle pénal économique et financier du tribunal algérois Sidi M’Hamed, dans une affaire de corruption impliquant le groupe public Imétal, pilier de la sidérurgie algérienne.

Les faits qui lui sont reprochés portent sur des opérations de vente et d’achat de ferrailles et de déchets non ferreux réalisées, selon l’enquête judiciaire, dans l’opacité, au détriment d’Imétal, devenue depuis la Société nationale de sidérurgie (SNS).

Le contexte. Avant son entrée dans l’exécutif, Ali Aoun a longtemps évolué au sein de l’appareil d’État. Ancien PDG du groupe public pharmaceutique Saidal, il est nommé ministre en 2022. Sa sortie du gouvernement, en novembre 2024, intervient alors que l’enquête sur le dossier Imétal s’élargit et gagne en intensité.

 

Placé sous contrôle judiciaire depuis, l’ancien ministre est poursuivi pour abus de fonction, octroi d’avantages indus et dilapidation de derniers publics, des qualifications prévues par la loi anticorruption de 2006.

Les autres accusés. comparaîtront à ses côtés 25 personnes, dont un mystérieux homme d’affaires surnommé « Nounou Manita » originaire d’Oran et très actif dans le commerce de ferraille. Proche du fils d’Ali Aoun également poursuivi, l’homme d’affaires serait, d’après le dossier judiciaire, un maillon central dans cette affaire. Il aurait reconnu avoir versé des pots-de-vin au fils du ministre ainsi qu’à des responsables de sociétés publiques afin de sécuriser des marchés en dehors des procédures réglementaires. Des ventes effectuées à des prix inférieurs à leur valeur réelle, qui auraient ainsi généré des manques à gagner colossaux pour le secteur public.

Autre point qui donne à cette affaire une dimension particulière : l’implication du PDG de Sider El Hadjar et du DG de Fontal, en détention provisoire depuis l’automne 2024. D’autres personnalités, dont Charaf-Eddine Amara, ancien président du groupe public Madar et de la Fédération algérienne de Football, sont également placées sous contrôle judiciaire.

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