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Le Burkina Faso restructure ses 05 pôles de croissance agricole et sanctionne les fonctionnaires corrompus

Réunie en session ordinaire, ce jeudi 05 février l’équipe 2026, l’équipe gouvernementale burkinabè a examiné plusieurs dossiers inscrits à l’ordre du jour et adopté des décisions touchant à la fois au secteur productif et à la gestion de l’administration publique.

À l’issue des travaux, le ministre porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a indiqué que les décisions prises répondent à la volonté des autorités de renforcer les leviers économiques nationaux tout en consolidant la rigueur dans la gestion des affaires publiques, conformément aux orientations portées par les plus hautes autorités.

Création de la Société Faso-Agropôle
Au titre du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le Conseil a adopté une série de décrets consacrant la création de la Société Faso-Agropôle, en abrégé SOFA. Cette nouvelle entité publique est appelée à regrouper et coordonner plusieurs agropôles existants et en développement sur le territoire national. Selon le ministre d’État, ministre chargé de l’Agriculture, le commandant Ismaël Sombié, trois textes structurants ont été adoptés afin de poser les bases juridiques et institutionnelles de cette réforme. Le premier décret concerne la reprise par l’État des parts détenues par des opérateurs privés dans deux sociétés agro-industrielles stratégiques. Il s’agit de Sourou-pôle et de Bagré-pôle, dans lesquelles les participations privées s’élevaient respectivement à 10 % et 5 %. Avec cette décision, les deux structures deviennent intégralement publiques, leur capital étant désormais détenu à 100 % par l’État burkinabè. Le ministre d’État a expliqué que cette opération permet de renforcer le pilotage public de ces pôles, jugés essentiels pour l’agriculture irriguée et la transformation des productions locales.

05 agropôles regroupés au sein d’une même structure
Le second décret consacre formellement la création de la Société Faso-Agropôle. Cette société regroupe cinq agropôles répartis sur différentes zones du pays : l’Agropôle du Sourou, l’Agropôle du Nakambé, l’Agropôle de Samendéni, l’Agropôle de la Comoé et l’Agropôle du Liptako-Gourma. Chacun de ces pôles intègre plusieurs filières, allant de l’agriculture à l’élevage, en passant par la pêche et certaines activités connexes. À Bagré, par exemple, les autorités entendent maintenir la valorisation du centre écotouristique ainsi que du site de Toma-Île, afin de diversifier les sources de revenus et d’encourager un développement intégré. Pour le gouvernement, ce regroupement vise à améliorer la coordination entre les différents sites et à mutualiser les moyens techniques, humains et financiers. Le troisième décret adopté lors de ce Conseil porte sur les statuts de la Société Faso-Agropôle. Il définit les organes de gouvernance, les règles de fonctionnement et les modalités de gestion de la nouvelle structure. Selon le commandant Ismaël Sombié, ces dispositions doivent permettre à la SOFA de fonctionner comme une holding publique, chargée de superviser l’ensemble des agropôles, d’assurer leur viabilité économique et de faciliter les investissements dans les zones concernées.

Des sanctions après des révélations sur des faits de corruption
Outre les questions agricoles, le Conseil des ministres s’est penché sur des dossiers disciplinaires relevant du ministère des Serviteurs du Peuple. Ces mesures font suite à des informations rendues publiques le 1er février 2026 par le KORAG, mettant en cause plusieurs agents de l’État dans des affaires de corruption. Le ministre en charge du dossier, Mathias Traoré, a précisé que sept agents publics sont concernés par ces procédures. Il s’agit d’un médecin, d’un agent domanial et de cinq policiers. Parmi les agents mis en cause, quatre ont été révoqués de la fonction publique. Les trois autres ont été traduits devant un conseil de discipline, conformément aux textes en vigueur.

Bagré-pôle et Sourou-pôle deviennent intégralement publiques, leur capital étant désormais détenu à 100 % par l’État burkinabè.
Le Conseil des ministres a pris acte de l’évolution des procédures et a salué la diligence des autorités disciplinaires chargées de ces dossiers. Il leur a été demandé de finaliser les procédures engagées dans les meilleurs délais, afin de garantir le respect des règles et des sanctions prévues par la loi. À travers ces décisions, l’Exécutif réaffirme sa volonté de lutter contre les pratiques contraires à l’éthique au sein de l’administration publique. Les autorités estiment que la crédibilité de l’action publique repose aussi sur le respect strict des règles par les agents de l’État, quel que soit leur rang. Le Conseil des ministres du 5 février 2026 aura ainsi été marqué par deux axes majeurs : la réorganisation de structures agricoles jugées stratégiques et la poursuite des actions disciplinaires à l’encontre des agents impliqués dans des faits de corruption.

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