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L’Office malien des substances précieuses (OMSP): Le nouveau mantra minier d’Assimi Goita

Au Mali, l’Office malien des substances précieuses (OMSP) est la nouvelle arme de Bamako pour contrôler la filière aurifère. Après les records de recettes minières, Assimi Goïta crée un établissement public pour commercialiser l’or. En Conseil des ministres du mercredi 18 mars dernier, le gouvernement malien s’est doté d’un comptoir pour sécuriser la vente des métaux précieux.

A Bamako, le gouvernement en place s’affaire soigneusement à la réorganisation de son secteur minier. Lors de son dernier rendez-vous hebdomadaire, l’exécutif malien a acté la création de l’Office malien des Substances précieuses (OMSP). Cet établissement public à caractère administratif aura pour mission d’assurer la commercialisation de l’or et des autres métaux précieux extraits sur le territoire national. ‎‎Le Mali figure parmi les premiers producteurs d’or d’Afrique de l’Ouest. Le métal jaune, issu aussi bien de l’exploitation industrielle que de l’orpaillage traditionnel, occupe une place centrale dans l’économie nationale. Il constitue une source essentielle de devises, de recettes fiscales et d’emplois pour des milliers de travailleurs directs et indirects. ‎En 2022, la production aurifère malienne a atteint 72,2 tonnes, dont 6 tonnes issues de l’orpaillage. Cette activité avait alors généré 763 milliards de francs CFA pour le budget national. Pourtant, malgré ces chiffres, les autorités constatent depuis plusieurs années des difficultés à maîtriser les flux provenant des petites mines et de l’orpaillage. Les disparités entre les statistiques officielles locales et les quantités déclarées dans les pays de destination restent un sujet de préoccupation pour Bamako.

Un comptoir pour présider aux destinées des minerais maliens
La mise en place de cet office répond à une double nécessité. Celle de porter un appui substantiel aux dispositions du Code minier adopté le 29 août 2023 et sur la loi relative au contenu local. D’autre part, elle vise à doter l’État d’un instrument opérationnel capable d’assurer la régulation, la centralisation et la sécurisation de la commercialisation des substances précieuses. ‎L’Office malien des Substances précieuses vient ainsi renforcer la souveraineté économique de Bamako sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Jusqu’ici, une partie des flux échappait au contrôle effectif des services de l’État, en particulier dans le secteur de l’orpaillage où les circuits informels restent largement dominants. Avec cette nouvelle structure, les autorités entendent mettre fin à ces pratiques et capter l’intégralité des revenus tirés de l’exploitation aurifère. Les volumes extraits connaissent un repli sensible depuis deux ans, et les recettes budgétaires issues du secteur n’ont jamais été aussi élevées. Après une année record en 2023 avec 70 tonnes d’or produites, la courbe s’est inversée. En 2024, la production industrielle est tombée à 54,8 tonnes. Les prévisions pour 2025 font état d’un nouveau recul, avec 42,2 tonnes attendues, soit une baisse de près de 23 % par rapport à l’année précédente. ‎Cette diminution s’explique principalement par la fermeture de certains complexes miniers, dont celui de Loulo-Gounkoto exploité par Barrick Gold, et par les tensions entre les autorités maliennes et plusieurs compagnies étrangères. Pourtant, dans le même temps, les rentrées financières de l’État ont explosé.

Le 12 janvier 2026, la Transition malienne annonçait que les recettes minières avaient atteint 1 022 milliards de francs CFA en 2025, un montant inédit dans l’histoire du pays.
‎Cette performance contraste avec les prévisions initiales. Lors de la même intervention, le chef de l’État a révélé que les projections budgétaires tablaient sur environ 400 milliards de francs CFA. « Nous nous attendions à 400 milliards de francs CFA, mais à l’issue des négociations, nous avons obtenu 761 milliards de francs CFA », a-t-il précisé, en référence aux discussions menées avec les sociétés extractives dans le cadre de l’application du nouveau Code minier. ‎Plusieurs mécanismes expliquent cette hausse spectaculaire des recettes malgré la baisse des volumes. Le nouveau Code minier, entré en application en 2025, a permis à l’État d’augmenter sa participation dans les projets jusqu’à 35 %, contre 20 % auparavant. Cette part se décompose en 10 % gratuits, 20 % achetables et 5 % réservés à des investisseurs locaux. ‎La domiciliation des revenus miniers sur le territoire national est une rubrique à également restructurer. Désormais, les recettes en devises issues de la vente de l’or sont déposées dans les banques locales, mettant fin à des pratiques antérieures qui privaient le système financier national de liquidités importantes. Selon les autorités, cette mesure devrait générer un flux annuel et propulser l’économie malienne.

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