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Mali : Assimi Goïta refait enfin surface à Koulouba après les attaques de Kati

L’axe Bamako-Moscou se raffermit malgré les récents incidents. Le silence présidentiel a été brisé par nécessité diplomatique. Le président de la transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta réapparaît le mardi 28 avril 2026 à Koulouba, recevant l’ambassadeur de la fédération de Russie, M. Igor Gromyko. Cette apparition publique met fin à plusieurs jours d’une discrétion qui avait commencé à interroger, après les violentes attaques aux coordonnées coordonnées samedi 25 avril par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA) contre plusieurs villes, dont Kati, où se trouve une importante base militaire.

Le silence du président de la transition avait été inquiété. Certains évoquaient un possible départ précipité de Koulouba, d’autres une mise à l’abri dans une résidence sécurisée. Aucun communiqué officiel n’était venu rassurer sur son état physique ou sa localisation précise. Aujourd’hui, la réapparition du chef de l’État aux côtés du principal allié de la junte, la Russie, vise autant à rassurer l’opinion nationale qu’à envoyer un signal à la communauté internationale. L’axe Bamako-Moscou tient bon . L’entretien a porté sur « la situation actuelle et les bonnes relations de partenariat » entre les deux pays. L’ambassadeur russe a réaffirmé l’engagement de Moscou aux côtés du Mali dans la lutte contre le terrorisme international. Une déclaration qui, dans le climat d’urgence sécuritaire actuel, sonne comme un soutien indéfectible, à quelques jours seulement des incidents diplomatiques survenus à Kidal et dans plusieurs autres parties du territoire.


La Russie réaffirme son soutien, malgré les tensions sur le terrain
Igor Gromyko était à Koulouba pour rassurer la partie malienne sur le respect des engagements de Moscou. Depuis le début de la transition, la Russie s’est imposée comme le partenaire militaire privilégié des autorités maliennes, en remplacement de la France. Des mercenaires de Wagner, devenus Africa Corps, sont déployés aux côtés des Forces armées maliennes (FAMa) pour faire face à une insurrection jihadiste qui n’a arrêté de gagner du terrain. L’ambassadeur a tenu à saluer « l’action conjointe des forces armées maliennes et russes », et à souhaité « des succès aux FAMa et aux Forces russes ». Il a assuré que la Russie « sera toujours l’ami du Mali ».

Il s’est agi de montrer que l’alliance résiste aux tempêtes, qu’il s’agit des revers militaires ou des critiques internationales.
Les incidents diplomatiques évoqués dans la communication officielle, sans que l’on sache précisément s’il s’agit d’un accrochage entre les forces russes et les rebelles touaregs à Kidal, ou d’une brouille plus profonde, n’ont pas été élucidés. Les rumeurs d’un couloir de sortie négocié par Africa Corps pour quitter Kidal, évoquées par plusieurs sources, avaient laissé entendre un possible désengagement russe. Cette rencontre bilatérale vise à démentir ces interprétations hâtives. La réapparition d’Assimi Goïta offre des garanties à cette transition malienne qui subit l’une des plus sévères secousses depuis le coup d’État de 2020. Les attaques du 25 avril ont exacerbé les limites de la stratégie antiterroriste des autorités. Malgré le renfort russe, les groupes jihadistes et les séparatistes sont parvenus à coordonner leurs actions, atteignant des cibles symboliques à Bamako, et même le domicile du défunt ministre de la Défense, le général Sadio Camara. L’absence de réaction publique du président dans les premiers jours ayant suivi les événements avait suscité des interrogations sur la continuité de l’État . En recevant l’ambassadeur russe, le général Goïta renoue avec son rôle de chef de la diplomatie et de commandant suprême des armées, même si la situation sur le terrain reste critique.

Le communiqué officiel consolide sur « les bonnes relations de partenariat » sans éluder les tensions, une formulation qui laisse entendre que des ajustements tactiques sont en cours, sans remettre en cause l’alliance structurelle. Pour l’opinion publique malienne, cette poignée de main entre le président de la transition et le représentant de Moscou vise à démontrer que le pays ne se retrouve pas isolé. La Russie, avec ses forces Africa Corps, ses équipements et son soutien politique au Conseil de sécurité de l’ONU, reste un rempart précieux face à la pression internationale qui réclame un retour rapide à l’ordre constitutionnel. À court terme, cette réapparition permet surtout de calmer les spéculations sur la santé et l’autorité du général Goïta. Mais les défis de la transition (sécuritaires, politiques et diplomatiques) restent immenses. L’axe Bamako-Moscou, pour l’instant raffermi, n’en continue pas moins d’être mis à l’épreuve par la réalité du terrain. Le sursaut diplomatique restaurera-t-il la confiance après l’offensive du 25 avril ?

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