
L’organisation humanitaire affirme avoir pris acte de cette décision tout en exprimant son inquiétude quant aux conséquences pour les populations vulnérables. Le ministère nigérien des Affaires étrangères avait exigé la cessation immédiate des activités du CICR sur tout le territoire national.
Des accusations rejetées par l’organisation
Le message du directeur régional pour l’Afrique de l’organisation, Patrick Youssef, publié sur le réseau social X, confirme l’application de cette mesure. Tout en annonçant le retrait, il a insisté sur la volonté du CICR de préserver le dialogue avec les autorités du pays. La crise entre Niamey et le CICR trouve son origine dans de graves accusations portées par le gouvernement.
Dans un communiqué diffusé le 31 mai, les autorités nigériennes ont officiellement reproché à l’organisation de collaborer avec des groupes armés. Le CICR, de son côté, conteste fermement ces allégations, affirmant n’avoir jamais apporté d’aide, sous quelque forme que ce soit, à des parties impliquées dans les conflits.
Selon Patrick Youssef, les démarches engagées pour clarifier la situation et renouer le dialogue n’ont pas abouti. Il rappelle que, dans tous les contextes où elle intervient, l’organisation respecte les principes d’impartialité, de neutralité et d’indépendance. « Nous ne fournissons aucun soutien financier, logistique ou autre aux groupes armés », a-t-il précisé, insistant sur le caractère strictement humanitaire du travail du CICR.
Le comité explique également que ses échanges avec les acteurs armés s’inscrivent dans le cadre de son mandat, tel que défini par les Conventions de Genève. Ces dialogues ont pour unique but de garantir l’accès aux victimes et de faire respecter le droit humanitaire. Mais au Niger, cet argument n’a manifestement pas suffi à convaincre les autorités.
Une présence humanitaire désormais interrompue
Après trente-cinq années d’activités humanitaires au Niger, le CICR avait progressivement déployé ses équipes dans plusieurs régions confrontées à l’instabilité sécuritaire, notamment à Diffa, Tillabéri, Tahoua et Agadez. L’année dernière encore, ses programmes avaient permis d’assister plus de deux millions de personnes, touchées par les conflits armés, les déplacements forcés ou les effets du changement climatique.
Parmi les actions menées figuraient la distribution de vivres, la réhabilitation de centres de santé, le soutien aux hôpitaux, ou encore l’amélioration de l’accès à l’eau potable. Les équipes du CICR travaillaient aussi à la protection des populations civiles, en particulier celles privées de liberté ou vivant dans des zones de conflit.
Avec ce départ précipité, une partie importante de l’assistance humanitaire est mise à l’arrêt, alors que certaines régions du pays restent exposées à des risques sécuritaires et climatiques. L’organisation se dit « préoccupée » par la situation, mais espère qu’un dialogue pourra être rétabli dans les mois à venir. « Nous restons disponibles pour une reprise de nos activités, si les conditions le permettent », a conclu Patrick Youssef.


