Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, débute son second mandat avec une décision marquante : l’imposition d’un visa obligatoire pour les citoyens marocains désireux de se rendre en Algérie. Cette nouvelle mesure s’inscrit dans un contexte de relations tendues entre les deux pays voisins et suscite des interrogations, certains y voyant une tentative de limiter l’afflux de supporters algériens vers le Maroc à l’approche de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), que le royaume chérifien s’apprête à organiser.
Une tension accrue depuis l’annonce de la CAN 2025
Depuis que la Confédération Africaine de Football (CAF) a confié l’organisation de la prochaine CAN 2025 au Maroc, l’Algérie semble chercher des contre-mesures. Alger a d’abord tenté, sans succès, de faire accepter sa candidature, puis a cherché à discréditer celle du Maroc en rappelant l’annulation par ce dernier de l’édition 2015 à cause de l’épidémie d’Ebola. Malgré ces efforts, la CAF a maintenu sa décision, ce qui a conduit les autorités algériennes à considérer cela comme un revers diplomatique.
Au-delà du simple événement sportif, cette décision de visa révèle une inquiétude plus profonde du côté algérien. Elle vise probablement à restreindre les déplacements des Algériens vers le Maroc, où ils pourraient être témoins des impressionnantes réalisations infrastructurelles du royaume. Avec des ressources nettement inférieures à celles de son voisin riche en pétrole, le Maroc a réussi à développer des infrastructures de classe mondiale, notamment son réseau ferroviaire, qui abrite le seul TGV d’Afrique, ainsi que des installations sportives qui lui ont valu d’être choisi comme co-hôte de la Coupe du Monde 2030 aux côtés de l’Espagne et du Portugal.
Un pari risqué pour l’Algérie
L’instauration du visa pour les Marocains pourrait inciter le royaume à adopter une politique de réciprocité, rendant ainsi difficile l’accès des Algériens au Maroc. Toutefois, si le Maroc choisissait de ne pas réagir de manière équivalente, cela représenterait un revers pour le régime algérien, qui verrait sa stratégie s’effondrer face à un royaume poursuivant son développement sans se laisser perturber par les tensions régionales. Cette décision de visa s’inscrit dans une série d’actions qui ont progressivement isolé l’Algérie sur la scène internationale.
Fermeture des frontières terrestres, restrictions de l’espace aérien et rupture des relations diplomatiques : ces mesures nuisent davantage au peuple algérien qu’à ses voisins. Les observateurs internationaux critiquent de plus en plus ce qu’ils qualifient de « marocophobie » chronique du régime algérien, qui semble privilégier les politiques d’isolement au détriment de la coopération régionale.



