Dans sa nouvelle liste des pays à « haut risque » en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, la Commission européenne vient de retirer le nom du Sénégal et d’ajouter celui de la Côte d’Ivoire.
La Commission européenne actualise régulièrement sa liste des pays à « haut risque » en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, en s’appuyant notamment sur les travaux du Groupe d’action financière (Gafi), et en particulier sur sa liste des « juridictions faisant l’objet d’un suivi renforcé ». Le Gafi est un organisme composé de 40 membres qui fixent des normes internationales en matière de fonds illicites liés au trafic de drogue, au commerce illicite d’armes, à la cyberfraude et à d’autres délits graves.
Le 10 juin, l’institution de l’Union européenne (UE) annonçait la dernière mouture de son classement. Et si cinq pays africains figurent dans cette nouvelle liste, deux États sont particulièrement cités par les observateurs : la Côte d’Ivoire, qui y fait son entrée, et le Sénégal, qui en sort…
Efforts ivoiriens insuffisants
La Côte d’Ivoire est donc désormais considérée par l’UE comme présentant « des carences stratégiques dans ses régimes de lutte contre le blanchiment de capitaux ». Certes, la « liste noire » devra encore être validée d’ici à un mois par le Parlement et le Conseil de l’Europe. Mais le Gafi considère que, depuis octobre 2024, Abidjan n’a pas fourni assez d’efforts, notamment dans le renforcement de son cadre juridique. Le groupe suggère également « une augmentation soutenue du nombre d’enquêtes et de poursuites en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux ».
La Côte d’Ivoire affirme avoir mis en place un comité pour répondre à ces exigences et ne plus susciter la « vigilance accrue » des opérateurs financiers européens. Les autorités politiques européennes précisent tout de même que ce mauvais classement ne saurait influer sur leur aide au développement ni sur leur aide humanitaire.
Mérite sénégalais
Les mesures correctrices envisagées en Côte d’Ivoire concernent la transparence des politiques entreprises, le choix des plafonds de transactions en liquide ou encore le niveau de formation de professionnels assermentés comme les avocats et les notaires.
Le Sénégal, lui, peut se réjouir d’être retiré de la liste des pays à « haut risque » de l’UE. Cet accès à une meilleure crédibilité financière est lié aux recommandations du Gafi. C’est en 2021 que Dakar a été mis sous « surveillance renforcée ». Le Code pénal a depuis été réformé et l’Office national de recouvrement des avoirs criminels créé.



