
Depuis le 19 mars 2024, une vague de fermetures frappe les établissements de tourisme et de loisirs en situation d’irrégularité administrative en Côte d’Ivoire. Initiée à Abidjan, cette opération s’étendra bientôt aux villes de l’intérieur du pays. Suite à la chasse aux établissements touristiques illégaux, le ministère par la voix du Directeur de Cabinet donne les explications. Andi Léal Daniel a dévoilé les enjeux de cette campagne lors d’une interview exclusive avec Radio CI.
1. Fermeture conservatoire : Une mesure légale, pas une punition
Interrogé sur le déroulement des fermetures, M. Daniel rappelle que cette mesure est prévue par l’article 55 du Code du tourisme ivoirien. « Ce n’est pas une punition, mais une procédure conservatoire pour stopper les irrégularités. Nous avons d’abord mené une phase de sensibilisation depuis 2023 via des campagnes médias et des mises en demeure individuelles. En l’absence de réaction, la fermeture intervient avec un délai de 72 heures pour se régulariser ».
Les équipes du ministère, appuyées par la police nationale, agissent méthodiquement, avec déjà 10 établissements fermés à Abidjan. 85 % des établissements hors-la-loi. Un recensement en 2023 a révélé une situation critique. Sur 21 000 établissements identifiés, seulement 15 % étaient en règle. À Abidjan, 80 % des structures touristiques opèrent dans l’illégalité.
Face à ce constat, le ministre a lancé une vaste opération pour traquer. « 500 établissements étaient ciblés dans le district d’Abidjan. 300 ont été contactés, et la majorité s’est régularisée rapidement après notification. L’objectif est d’atteindre 60 % de conformité d’ici fin 2024 ».
2. Fermeture temporaire : Comment rouvrir ?
Contrairement aux idées reçues, la fermeture n’est pas définitive. « C’est une invitation à se régulariser ! Les propriétaires doivent fournir 5 documents simples au guichet unique du ministère : formulaire de demande, pièce d’identité, lettre d’engagement légalisée, titre de propriété ou bail, et reçu de paiement des frais de dossier ». L’État ne veut pas étouffer les entrepreneurs. Nous simplifions les démarches pour qu’ils créent des emplois durables et offrent des services de qualité.
La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) a été un déclic. Pour accueillir le monde, nous avons montré le meilleur de la Côte d’Ivoire. Mais après l’événement, le laxisme est revenu. Nous devons pérenniser cette excellence ! La pandémie a aussi servi d’avertissement. « Beaucoup n’ont pas pu bénéficier des aides COVID car ils n’étaient pas déclarés. Se mettre en règle, c’est aussi se protéger contre les crises futures ».
3. Message aux acteurs : « Le tourisme ivoirien a besoin de vous ! »
En conclusion, le Directeur lance un appel solennel. « Opérez dans la légalité, et l’État vous accompagnera ! Des formations, des subventions, une visibilité internationale… Tout est possible si nous travaillons ensemble. Ne laissez pas une fermeture conservatoire vous freiner : c’est une chance de redémarrer sur des bases saines ». Il rappelle également l’enjeu patriotique.
« L’accueil à l’ivoirienne, notre hospitalité légendaire, dépend de la qualité de vos services. Soyons fiers de notre pays ! ». Avec cette opération, le ministère veut éradiquer le secteur informel et positionner la Côte d’Ivoire comme une destination « haut de gamme » en Afrique. Reste à voir si les acteurs suivront le mouvement… ou subiront les fermetures.


