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Cofipa, 33 milliards introuvables : Un ministre nie toute implication dans l’affaire

50 millions d’euros, soit environ 33 milliards de FCFA, ont disparu dans le cadre du rachat avorté de la Cofipa Investment Bank Côte d’Ivoire (CIB-CI) par le groupe turc Candy Group International. Le ministère du Patrimoine et du Portefeuille de l’État dément toute implication dans l’affaire.

Le ministère du Patrimoine, du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques rejette toute implication dans l’affaire des 33 milliards de francs CFA disparus. Il s’étonne également que les images de ses membres soient associées à une transaction entre deux entités privées remontant à 2017.

L’affaire devant la BM et le FMI
Pour comprendre l’affaire récemment révélée par Le Monde, il faut revenir huit ans en arrière. En 2017, la BCEAO relève le capital minimum des banques à 10 milliards de francs CFA. Cofipa Investment Bank-Côte d’Ivoire (CIB-CI), fragilisée, doit alors se recapitaliser pour répondre aux nouvelles exigences. Candy Group International, un groupe privé turc, propose de reprendre la banque ivoirienne avec un plan de relance estimé à 100 millions d’euros.

Le 13 juin 2017, un premier versement de 50 millions d’euros est effectué sur un compte ouvert à Cofipa au nom du mandataire Afrique de CGI, M. F.K. Deux semaines plus tard, l’argent disparaît sans laisser de trace. Ni la BCEAO ni le ministère des Finances ne parviennent à fournir d’explication. Un apporteur d’affaires, M. J.V., touche pourtant 723 millions de francs CFA de commission… avant de disparaître à son tour.

Entre 2020 et 2021, plusieurs plaintes sont déposées en Côte d’Ivoire, mais aucune procédure judiciaire n’aboutit. Face au silence des autorités, Candy Group porte désormais l’affaire devant la Banque mondiale et le FMI.

Le 3 avril 2025, le Nouveau Réveil a publié un article illustré par les photos du ministre Moussa Sanogo et de son collègue des Finances, Adama Coulibaly. Un choix iconographique qui a provoqué la réaction immédiate du ministère du Patrimoine.

« Votre article ne laisse apparaître aucun point relatif aux Ministères de l’Économie ou du Portefeuille de l’État, voire au Gouvernement », a-t-il affirmé dans son droit de réponse.
“Une traçabilité totale”
« Comment les images des Ministres du Portefeuille de l’État ainsi que des Finances et du Budget sont-elles donc associées à cette opération qui aurait eu lieu en 2017, soit depuis 8 ans ? », poursuit le ministère en interrogeant.

Le ministère insiste sur le caractère strictement privé de la transaction et rappelle que la logique bancaire désigne le véritable responsable : « Lorsqu’un donneur d’ordre instruit sa banque d’effectuer un transfert, vers qui se retournerait-il prioritairement si ce n’est sa banque en cas de non-dénouement de l’opération ? »

Enfin, la réponse officielle met en doute l’inertie du plaignant et la possibilité même d’une telle disparition de fonds dans le système bancaire régional : « Une institution aussi sérieuse que la BCEAO peut-elle recevoir des ressources et ne pas traiter l’opération y relative ? Le réseau international SWIFT n’assure-t-il pas une traçabilité totale des opérations transfrontières ? »

Le ministère conclut en « déplorant cette façon d’associer les images de membres du Gouvernement à des opérations qui n’ont aucun lien avec leurs fonctions ».

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