
Les jours du ministre Albert Mabri Toikeuse semblent être comptés au sein du gouvernement Amadou Gon Coulibaly. En plus du conflit ouvert entre l’ex-président de l’UDPCI et ses partisans, c’est Kaba Nialé, qui lui a succédé au ministère du plan, qui lui a porté le coup de massue en dénonçant sa gestion calamiteuse du recensement général de la population et de l’habitat en 2014.
Être ambitieux au Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) dans l’aval de « l’Empereur Ouattara » est risqué, voire dangereux. Albert Mabri Toikeusse fait aujourd’hui les frais de son projet de vouloir se présenter à tout prix aux futures élections présidentielles de 2020. Le Président de l’ex-UDPCI fait face à une véritable cassure entre lui et certains cadres de son ancien parti. Son farouche détracteur est le conseiller du premier ministre Albert Flindé. Fondateur du mouvement « Tonkpi Rhdp 2020 » pour la promotion du Rhdp dans le Tonkpi, l’ex-ministre accuse Mabri de ne pas jouer franc-jeu avec le Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), la formation conduite par le président de la République, Alassane Ouattara.
Dans cette guerre de positionnement, Flindé ne va pas du dos de la cuillère pour fustiger son président : « En Côte d’Ivoire, on ne peut pas appartenir à deux partis. En plus, il faut être cohérent. Pour nous, ça va de soi qu’on ne puisse pas être au Rhdp et à l’Udpci. Il faut avoir le courage politique de le dire et de le faire », rappelle le conseiller spécial de Gon. En ce qui concerne les ambitions de l’actuel ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le fondateur du mouvement « Tonkpi Rhdp 2020 » parle de fiction « Ça, c’est de la fiction. Ce que je sais, c’est que le ministre d’Etat, deuxième vice-président du Rhdp, ne peut pas ne pas être candidat à l’intérieur du Rhdp. Ça, c’est ma conviction, et c’est ça qui est logique. » A l’évidence, plus rien ne va entre le président de l’ex-UDPCI et ses partisans qui ont déposé leurs bagages au RHDP.

Comme cela ne suffisait pas pour nuire à l’image de Mabri Toikeuse, c’est Kaba Nialé qui accuse son prédécesseur de détournement. La ministre du plan et du développement a dénoncé publiquement la conduite du RGPH 2014 par Albert Toikeusse Mabri. Une affaire de gros sous qui avait fâché Alassane Ouattara et été à l’origine officieuse de sa première éviction du gouvernement. « Le dernier recensement a eu lieu en 1998. Celui de 2014 a souffert. Nous avons voulu corriger mais c’était difficile. Il a souffert de nombreuses difficultés techniques, la cartographie n’a pas été corrigée. Aussi au niveau du dénombrement, les agents recenseurs n’ont pas pu avoir accès à des populations, suite à certains messages », a-t-elle indiqué qui semble avoir oublié la solidarité gouvernementale.
Selon les dires de l’ex-ministre de l’économie le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2014 avait coûté près de 15 milliards FCFA et avait, selon gouvernement permis de recenser plus de 23 millions d’habitants en Côte d’Ivoire. Initialement prévu pour coûter 10 milliards FCFA en 2011, il est passé à 12 milliards FCFA en 2013, puis à près de 15 milliards FCFA en 2014. « Cette opération avait été conduite de façon chaotique, avec des agents recenseurs invisibles dans de nombreux domiciles, alors qu’était dénoncée cette façon de recenser qui ne collait plus aux réalités contemporaines ».
Au sein du gouvernement, l’on avait critiqué la conduite de l’opération par Albert Toikeusse Mabri, actuel ministre de l’Enseignement supérieur alors ministre du Plan. Le Président Alassane Ouattara avait piqué une colère face à la conduite désastreuse du recensement qui cachait d’autres desseins de celui qui le conduisait. Une situation qui a eu pour conséquence l’éviction du Président de l’ex-UDPCI du gouvernement.
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