Doté d’un financement de 352,33 millions d’euros, ce dispositif s’inscrit au cœur de la stratégie marocaine visant à sécuriser l’approvisionnement énergétique tout en généralisant l’accès à l’électricité, notamment dans les zones rurales.
Le Programme de développement des réseaux de transport d’électricité et d’électrification rurale (PDRTE-ER), piloté par l’Office marocain de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), affiche des résultats jugés « satisfaisants » à « très satisfaisants », selon le dernier rapport d’évaluation de l’institution panafricaine.
L’évaluation de la BAD met en avant des avancées opérationnelles significatives, soutenues par des investissements structurants dans les infrastructures de transport. La réalisation de 254 km de lignes haute tension, dont 244,85 km en 400 kV, ainsi que la mise en service d’un poste 225/60 kV, ont consolidé la stabilité du réseau national, notamment dans les régions de Casablanca Centre et Sud. L’institution souligne que ces équipements facilitent l’intégration croissante des énergies renouvelables, répondant à un impératif stratégique de transition énergétique.
L’électrification rurale constitue l’un des marqueurs les plus visibles de cette dynamique. Le raccordement de 937 villages, soit un dépassement de 30 % par rapport à l’objectif initial, et l’accès à l’électricité pour 19 980 foyers traduisent une progression vers la quasi-universalité, avec un taux d’électrification atteignant 99,91 %.
Ce déploiement repose sur un maillage étendu comprenant 1 261 km de lignes moyenne tension, 3 898 km de lignes basse tension et 719 postes de transformation, contribuant à l’amélioration des conditions de vie et au développement d’activités économiques locales.
Les impacts sectoriels et macroéconomiques se confirment à travers les indicateurs consolidés par la BAD. La part des énergies renouvelables dans la capacité installée atteint 45,5 %, contre 33,84 % initialement, validant l’orientation vers un mix énergétique plus décarboné. La capacité de pointe s’établit à 7 580 MW, dépassant la cible fixée, tandis que l’énergie nette appelée atteint 45 713 104 GWh, traduisant une montée en charge du système électrique national. Ces évolutions renforcent la sécurité d’approvisionnement pour les industries et soutiennent l’attractivité des territoires.
Au-delà des infrastructures, le programme génère des retombées économiques directes, avec 243 emplois permanents et 744 emplois temporaires recensés. Le rapport relève également un taux d’engagement des marchés de 93,60 % et un niveau de décaissement de 45,23 %, confirmant la cadence d’exécution du projet. Classé « non potentiellement problématique », le dispositif consolide la crédibilité du Maroc auprès des bailleurs de fonds internationaux.
Quelques ajustements restent toutefois en cours, notamment autour de la ligne 225 kV « Laawamar Oulad Haddou », affectée par des contraintes techniques et de passation. La BAD note que des mesures correctives ont été engagées par l’ONEE afin de respecter l’échéance de décaissement fixée au 30 juin 2028. Malgré ce point de vigilance, l’institution estime que le programme demeure « en bonne voie » pour atteindre ses objectifs, consacrant le Maroc comme une référence régionale en matière d’électrification et de transition énergétique.



