Un trio gagnant, des comebacks et de nouveaux visages dans le classement africain des self-made-men. Pour le richissime nigérian, les records du Forbes 2025 est la consécration de 14 ans de réussite et de prospérité. Malgré les tempêtes économiques, les forteresses africaines se maintiennent et prospèrent. Dévaluations monétaires, inflation galopante et turbulences politiques, les milliardaires africains n’ont jamais été aussi riches.
Le classement Forbes 2025 révèle que leurs fortunes cumulées ont explosé à 105 milliards de dollars, en hausse de 27 % depuis janvier 2024. Avec 22 noms (contre 20 auparavant), le continent confirme sa résilience. « C’est une démonstration de la capacité des entrepreneurs africains à prospérer dans un environnement complexe », analyse Forbes.
Aliko Dangote : Le géant nigérian
Pour la l’homme le plus riche d’Afrique reste le Nigérian Aliko Dangote, dont la fortune a bondi de 72 % (23,9 milliards de dollars). Ce boom s’explique par l’entrée en production de sa méga-raffinerie de pétrole, construite en 11 ans pour 20 milliards de dollars. « Ce projet phare le propulse dans le top 100 mondial des milliardaires, une première pour un Africain », souligne Forbes.
Johann Rupert et Nicky Oppenheimer : Les rois sud-africains du luxe et des mines
En deuxième position, Johann Rupert (14 milliards de dollars), patron du groupe Richemont (Cartier, Montblanc), voit sa fortune grimper de 39 %. Derrière lui, Nicky Oppenheimer (10,4 milliards), héritier des diamants De Beers, confirme son statut de poids lourd. « Le secteur minier et le luxe restent des piliers intouchables », commente le magazine.
Retours remarqués et nouveaux visages
Deux milliardaires font leur come-back : le Marocain Anas Sefrioui (1,6 milliard), grâce à la hausse des ventes de son groupe immobilier Addoha, et le Sud-africain Jannie Mouton (1,5 milliard), boosté par l’explosion de 59 % des actions de Capitec Bank. « Leur retour illustre la diversification des secteurs porteurs, de l’immobilier à la finance », note Forbes.
La répartition géographique révèle les hubs économiques du continent : -Afrique du Sud domine avec 7 milliardaires, dont Patrice Motsepe (3 milliards). -L’Égypte suit avec 5 noms, comme Nassef Sawiris (9,6 milliards), roi du ciment et des télécoms. -Le Nigeria place 4 milliardaires, dont Mike Adenuga (6,8 milliards), magnat des télécoms. Le Maroc (3), l’Algérie (1), la Tanzanie (1) et le Zimbabwe (1) complètent le tableau.
Si 18 milliardaires ont gagné en richesse, 4 ont reculé. Le Zimbabwéen Strive Masiyiwa (1,2 milliard), patron d’Econet Wireless, subit une chute de 33 % après l’introduction du ZiG, une nouvelle monnaie adossée à l’or. « Les dévaluations en Égypte ou au Nigeria rappellent que même les plus riches ne sont pas à l’abri », tempère Forbes.
La diaspora africaine : Richesse hors sol ?
Forbes exclut les milliardaires basés hors d’Afrique, comme le Britannique Mo Ibrahim (télécoms) ou le Sud-africain Nathan Kirsh (commerce). Seul Strive Masiyiwa, résidant à Londres mais actif sur le continent, est intégré. Derrière ces chiffres records se cache une réalité des fortunes privées coexiste avec des économies locales fragilisées.



