
En Côte d’Ivoire, les propriétaires de terrains nus situés en zone urbaine devront s’acquitter cette année d’un impôt foncier nettement plus élevé. Cette hausse est liée à une importante réforme fiscale introduite par la loi de Finances 2025, qui modifie la méthode de calcul de l’impôt foncier sur les terrains non bâtis.
Objectif : de mobiliser davantage de recettes
Concrètement, l’impôt ne sera plus basé sur la valeur vénale, comme c’était le cas jusqu’en 2024, mais sur la valeur marchande du terrain. Cette dernière, fixée par une commission spécialisée, reflète le prix réel du marché. Résultat : les montants à payer explosent dans certaines communes.
Un plan du quartier de Cocody centre à AbidjanUn plan du quartier de Cocody centre à Abidjan. (Dr)
À Cocody Sainte-Marie, par exemple, c’est un chiffre qui fait l’effet d’un choc chez de nombreux propriétaires, qui payaient 525 000 FCFA en 2024 pour un terrain de 1 000 m². En 2025, ce même terrain génère une facture de 7 millions FCFA. Soit une hausse de plus de 1200 %. Et ce n’est pas un cas isolé.
À Biétry Zone 4, un terrain de 3 000 m² qui coûtait 1,8 million FCFA d’impôt en 2024 coûtera désormais plus de 22 millions FCFA. Même tendance à Treichville ou au Plateau, où les hausses dépassent parfois les 500 %. À l’inverse, dans certaines communes de l’intérieur du pays, comme à Boundiali, la réforme entraîne une baisse de l’impôt grâce à la nouvelle méthode d’évaluation.
Le gouvernement justifie cette réforme par le besoin de mobiliser davantage de recettes fiscales pour financer les investissements publics et faire face aux défis économiques, sociaux et environnementaux.
En mai 2023, la Côte d’Ivoire a conclu un programme économique avec ses partenaires au développement, incluant le FMI, visant à augmenter progressivement la pression fiscale d’ici 2027. L’objectif est d’engranger environ 21 milliards de francs CFA supplémentaires grâce à cette réforme de l’impôt foncier.
Exonération
Notons que l’État a tout de même décidé de revoir certaines modalités. Le taux d’imposition a été abaissé de 1,5 % à 1 % pour les terrains non bâtis, afin d’éviter une pression fiscale excessive. De plus, les nouveaux acquéreurs de terrains urbains bénéficieront d’une exonération de deux ans à compter de l’année d’acquisition, pour leur permettre d’investir sans subir immédiatement la hausse de l’impôt.
S’agissant des propriétés bâties non génératrices de revenus, la valeur locative de référence est remplacée par la valeur marchande. Le taux d’imposition y est fixé à 0,5 %, mais avec une règle de base : l’impôt payé ne pourra jamais être inférieur à celui de l’année précédente.
Cette réforme s’inscrit dans une vision de transformation structurelle de l’économie ivoirienne, avec un taux de croissance projeté autour de 6,5 % par an entre 2024 et 2027, selon le président de la République. Elle suscite toutefois de vifs débats, notamment parmi les propriétaires qui verront leur facture fiscale bondir en cette année.


