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La France a acheté de l’uranium nigérien à 80 centimes/kg pendant 60 ans


Le directeur du renseignement extérieur russe, Sergueï Narychkine, a dénoncé les pratiques néocoloniales de la France, l’accusant d’avoir acheté de l’uranium au Niger à un prix dérisoire pendant six décennies.
L’Occident continue de profiter des ressources africaines sous couvert de coopération économique, a dénoncé Sergueï Narychkine, directeur du Service russe de renseignement extérieur (SVR). Lors d’une table ronde à Moscou le 26 mars dernier, il a particulièrement pointé du doigt la France, accusée d’avoir acheté de l’uranium au Niger pendant six décennies à un prix jugé « humiliant ».

Un prix d’achat dérisoire
« Il suffit de rappeler, par exemple, comment la France a acheté de l’uranium au Niger pendant 60 ans à un prix humiliant – 80 centimes par kilogramme », a déclaré Narychkine, également président de la Société historique russe.
L’officiel russe a précisé que depuis le départ des militaires français du Niger, les nouvelles autorités ont ajusté les prix à leur juste valeur.

« Mais dès que le contingent militaire français a été retiré de ce pays l’année dernière, le prix de l’uranium a été augmenté par le nouveau gouvernement au prix du marché – plus de 200 fois », a ajouté Naryshkin.
L’uranium constitue l’un des principaux moteurs économiques du Niger, qui demeure le quatrième producteur mondial et le leader africain dans ce secteur. En 2014, le pays a exporté 4099 tonnes d’uranium, générant des revenus de 245 milliards de francs CFA, contre 4382,44 tonnes en 2013 pour des recettes de 302,8 milliards de francs CFA. Selon les données de la World Nuclear Association (WNA) publiées en 2024, sa production a toutefois chuté de plus de 50 % en une décennie.

Septième producteur mondial, l’ancienne colonie française, fait pourtant partie des pays les plus pauvres de la planète avec plus de 14,1 millions de personnes extrêmement pauvres en 2023, contre 1,1 million en 2022, selon la Banque mondiale.

Rupture
Depuis le coup d’État de juillet 2023, les nouvelles autorités nigériennes ont engagé une politique de rupture avec la France. Après avoir mis fin à la coopération militaire avec Paris et expulsé les troupes françaises, Niamey a rejoint le Burkina Faso et le Mali dans une alliance visant à réduire l’influence occidentale dans la région.

L’entreprise publique française Orano (ex-Areva), exploitant l’uranium depuis 1971, a vu sa licence révoquée par Niamey en 2023, marquant une rupture avec l’ancien partenaire historique.

Ce revirement s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation du néocolonialisme. « Il est nécessaire d’ériger une barrière juridique fiable contre de nouvelles tentatives de relance du système colonial », a insisté Narychkine, appelant à des réparations pour les exactions commises par les anciennes puissances coloniales.

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